Ca sentait un peu la vache à lait cette affaire. Les producteurs de ces juteux Hunger Games ayant opté pour une tétralogie (hommage involontaire à Wagner ?) alors que les fans et les libraires savent bien qu'il s'agit d'une trilogie livresque. Voici donc La révolte partie 1. Ok, l'idée n'est pas neuve. Harry Potter avait déjà fait coup double sur sa fin. Passons et regardons de plus près. Pour celles et ceux qui auraient raté le début ou oublié où on en était, sachez que les jeux c'est finito, la faim en revanche, est toujours là. Elle justifie a elle-seule les moyens. La belle et pulpeuse, Katniss Everdeen (Jennifer Lawrence), l'élue des coeurs et des corps, a survécu au désastre après avoir vu ses amis mourir dans d'atroces souffrances. Le tout orchestré par les méchants du Capitol mené de main de traitre par un Donald Sutherland que l'on n'avait pas vu aussi poudré depuis le Casanova de Fellini. Re-voilà donc Everdeen, saine et sauve, dans les ténèbres du District 13, vaste champ de ruines où s'organise la révolte. Car oui, ce n'est pas trahir que de dire que révolte il y aura. Quoique ! Everdeen, son arc et ses flèches, Athéna de cette humanité perdue qui a besoin de mythes pour se relever, accepte de jouer les demi-déesses. La rébellion décide de réaliser des petits clips mettant en scène une Everdeen vengeresse. Problème, la guerrière ne sait pas feindre. Tous les effets spéciaux de monde ne pourront remplacer la vérité du terrain. Et le film de devenir tout entier un questionnement sur la notion même de spectacle, de représentation. Le cinéaste Francis Lawrence assume l'idée en acceptant en dernier recours d'offrir de l'entertainment au spectateur. Dans cette révolte, il ne se passe rien ou pas grand-chose, tout au plus verrez-vous des vaisseaux se faire dégommer vite fait bien fait. Cette absence de montagnes russes donne paradoxalement tout l'intérêt d'un film qui reste au plus près des états d'âmes et des hésitations de son héroïne. Everdeen avance totalement anesthésiée et sidérée d'être encore là, au service d'un cause dont elle pressent que les enjeux la dépasse. Ce troisième volet, tout en retenu, est une vraie surprise et lorsque le cinéaste en promo affirme que le succès de la saga tient dans la façon dont elle tient pour adulte le spectateur adolescent, on applaudit. Jennifer Lawrence au diapason de son personnage est à la fois terriblement présente et furieusement absente. En transition. Voici donc que s'achève cette première partie avec le sentiment d'avoir avancé entre deux eaux. A défaut de révolte nous avons vu un tâtonnement. C'était plutôt intéressant à voir à défaut d'être enthousiasmant. A plus, Everdeen !
Hunger Games : La révolte - partie 1. De Francis Lawrence. Avec Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson, Liam Hemsworth, Donald Sutherland... 2 h 03. Sortie : 19 novembre 2014.
