Le sacre du cinéma français. La 68e édition du Festival de Cannes s'est terminée ce dimanche soir avec la cérémonie de clôture et la traditionnelle remise des prix. Cette année, le palmarès a été dominé par les Français avec la Palme d'or obtenue par le réalisateur Jacques Audiard et son film Dheepan, ainsi que le prix d'interprétation masculine décerné à l'acteur Vincent Lindon. Emmanuelle Bercot s'est, quant à elle, distinguée avec le prix d'interprétation féminine. Le point sur l'ensemble du palmarès:

Palme d'or:

Le film du réalisateur français ne figurait pas parmi les favoris de L'Express et de Studio Ciné Live. La dernière Palme d'or française avait été décernée en 2013 à La Vie d'Adèle d'Abdellatif Kechiche.

Tout le jury "était enthousiasmé" par Dheepan, a déclaré Ethan Coen, co-président du jury avec son frère Joel. "La décision a été rapide", a-t-il ajouté, lors de la conférence de presse du jury.

Prix d'interprétation masculine: Vincent Lindon dans

Son rôle dans le film du réalisateur français Stéphane Brizé a conquis les membres du jury. Dans La Loi du Marché, Vincent Lindon incarne un ouvrier au chômage depuis 20 mois qui se bat pour retrouver un emploi, encaissant les coups avec dignité.

Très ému, l'acteur a chaleureusement remercié le réalisateur et a dédié son prix "aux citoyens laissés pour compte". Christophe Carrière, journaliste à L'Express et Thierry Chèze, journaliste à Studio Ciné Live, avaient parié que Vincent Lindon recevrait cette distinction dès le début de la semaine.


Prix d'interprétation féminine ex aequo: Emmanuelle Bercot dans

L'actrice Emmanuelle Bercot, 47 ans, a reçu de son côté le prix d'interprétation féminine pour Mon roi de Maïwenn, ex-aequo avec l'actrice américaine Rooney Mara dans Carol de l'Américain Todd Haynes, romance entre deux femmes dans les années 50 avec Cate Blanchett.

"Maïwenn, tu as cru en moi comme personne avant, tu m'as regardée comme personne avant", a déclaré Emmanuelle Bercot. Ce prix récompense "l'audace, le sens aigu de la liberté" de Maïwenn, a encore déclaré l'actrice, qui interprète dans ce film une avocate qui se souvient de la passion destructrice qu'elle a vécue pendant dix ans avec Georgio (Vincent Cassel), un séducteur et beau parleur.

Rooney Mara, qui n'était pas présente à la cérémonie, campe dans Carol le personnage d'une toute jeune vendeuse qui va se laisser séduire par une femme bourgeoise à la beauté fatale.

Prix du scénario: Michel Franco pour

Le prix du meilleur scénario est allé au réalisateur mexicain Michel Franco pour son film Chronic qui fait le portrait d'un infirmier totalement dévoué à l'accompagnement de patients en fin de vie.

"Je remercie tous les Mexicains qui m'ont accompagné dans cette aventure. J'espère revenir et je me remettrai à l'écriture bientôt", a déclaré Michel Franco sur scène.

Le Grand Prix:

Le Grand prix est revenu au film Le Fils de Saul du Hongrois Laszlo Nemes, film choc sur la Shoah.

Cette oeuvre, qui raconte l'histoire d'un déporté juif forcé de travailler dans les chambres à gaz à Auschwitz, a impressionné par sa mise en scène radicale. Il restitue l'horreur de la Shoah sans presque jamais montrer les victimes, par le hors champ et les bruits. "Ce continent est encore hanté par le sujet", a commenté le réalisateur en recevant son prix.

Le Prix de la mise en scène:

Le prix de la mise en scène est revenu au cinéaste taïwanais Hou Hsiao-Hsien pour The Assassin, histoire d'une justicière dans la Chine du IXe siècle, à l'esthétique ciselée.

Le Prix du jury:

Le prix du Jury a été attribué au Grec Yorgos Lanthimos pour The Lobster, fable grinçante et dérangeante sur la solitude, le couple et l'amour.

La Caméra d'or du premier film:

La Caméra d'or du Festival a été attribuée au Colombien César Augusto Acevedo pour La Tierra y la sombra, film consacré à la vie des paysans colombiens. "Je dédie ce prix à tous les paysans de mon pays qui sont de véritables héros et je veux leur dire qu'ils ne sont pas seuls", a déclaré César Augusto Acevedo.

Présenté à la sélection parallèle Semaine de la critique, La Tierra y la Sombra met en scène un vieux paysan qui revient au pays pour se porter au chevet de son fils malade.

La Palme d'or du court métrage:

La Palme d'or des courts métrages du Festival de Cannes a été attribuée à Waves'98, du metteur en scène libanais Ely Dagher. Ce film d'animation en arabe de 15 minutes raconte les errances d'Omar dans une banlieue isolée de Beyrouth.

"Immergé dans un monde familier mais étranger à sa réalité, il se retrouve en lutte pour sauvegarder ses attaches", indique le synopsis du film.