Le concept. Comme le fit, avec talent et ironie, le cinéma italien des années 1970 pour griffer la société transalpine, Cristian Mungiu a choisi le film à sketchs pour évoquer les dernières - les pires - années du régime communiste de Ceausescu. Le fameux "âge d'or" de la propagande officielle. "Nous avons puisé dans le vivier des légendes urbaines qui circulaient à l'époque afin de refléter au plus près l'ambiance des années 1980 en Roumanie", explique Cristian Mungiu. Qui jure que tous les Contes de l'âge d'or s'inspirent de faits réels : un policier qui entreprend de tuer un porc dans sa cuisine avec une gazinière, les habitants d'un village bloqués sur un manège pendant une visite officielle, le trucage raté sur une photo de Ceausescu à la Une du quotidien du Parti...
La genèse. Cristian Mungiu voulait réaliser une trilogie : deux films regroupant des sketchs amusants et le sombre 4 Mois, 3 semaines, 2 jours. L'écriture des Contes de l'âge d'or, confiés ensuite à différents réalisateurs, a débuté avant le tournage de la "palme" cannoise, laquelle, pourtant, a été présentée en premier.
Les projections ont délié les langues
"Le public n'aurait pas compris que je commence cette trilogie par une comédie, même si le rire permettait alors de faire retomber la pression. Il prenait différentes formes : des plaisanteries sur le couple présidentiel, des dessins que l'on s'échangeait sous le manteau ou des allusions dans les pièces de théâtre. L'annonce de la mort du "tyran" dans Shakespeare était très applaudie !"
L'accueil. L'approche comique du film a été plus facilement acceptée par la jeune génération que par l'ancienne. Les projections ont eu au moins le mérite de délier les langues. "A la sortie, les spectateurs partageaient leurs souvenirs. Chacun donnait sa version des histoires qu'il venait de voir !" Le troisième volet, consacré à l'amour, est annoncé en France au premier trimestre 2010.
