C'est l'histoire d'un analyste financier qui veut aller chez le coiffeur. Problème: le merlan est à l'autre bout de New York, et la ville est totalement bloquée à cause d'une visite du président des Etats-Unis. Or, notre golden boy ne se déplace qu'en limousine, où il reçoit tous ses rendez-vous... Au moins, il aura le temps de tous les honorer. Moins simple: éviter un attentat qui le viserait lui, requin de la finance honni par des millions de new-yorkais sur la paille. Ceci pour agrémenter un peu le suspense et muscler le synopsis. Car au bout du compte, Cosmopolis ne raconte pas grand chose.

C'est du blabla non stop -adapté du roman de Don DeLillo-, dit en grande partie par un Robert Pattinson décidément aussi expressif qu'une endive. Sous prétexte de philosopher sur les affres du capitalisme, David Cronenberg s'applique à mettre en image une diarrhée verbale trop politiquement correcte pour susciter un quelconque débat. Et qui aura été motivé par une bande annonce laissant présager un nouvel Inception mâtiné d'existentialisme, en sera pour ses frais: passé dix minutes de film, on sait que l'ennui sera abyssal. Mieux vaudra alors en rire et attendre quelques répliques et situations sorties de nulle part, tel l'aveu du héros après la visite d'un proctologue dans son véhicule:

- Ma prostate est asymétrique.

- Qu'est-ce que ça veut dire?

- Je n'en sais rien.

Et pourtant, croyez-le ou non, c'est là toute la clé de l'histoire. Il paraît que c'est profond. Vous n'êtes pas obligé d'aller vérifier.