Merci à Stephenie Meyer et son écriture à la guimauve, le mythe du vampire avait pris un sacré coup dans les canines. Mais ça, c'était avant. Avec Only Lovers Left Alive, Jim Jarmusch remet les compteurs à zéro en changeant Tilda Swinton, Tom Hiddleston, John Hurt et Mia Wasikowska en immortels grandioses et décadents. Jarmusch les installe dans une temporalité qui leur est propre, arrachée à celles des humains, ou des zombies comme ils les appellent. Les vampires se plaignent souvent de ces êtres faibles qui répètent sans cesse leur erreur.
On pourra reprocher au réalisateur de Dead Man et de Broken Flowers de trop en faire dans la moralisation ou d'appuyer ses références. Peut-être. Reste que, si la mort va si bien à Tilda Swinton, Tom Hiddleston et les autres, c'est qu'il les love dans une langueur délicieuse. Un couple d'amants de toujours qui ne peuvent vivre l'un sans l'autre. Swinton et Hiddleston les jouent incarnent comme des rock stars, désabusés, revenus de tout ou presque. Ensemble, ils insufflent à Only Lovers Left Alive un parfum romanesque suranné, enivrant.
