Il avait été chaleureusement accueilli. Nommé jeudi aux Oscars et acclamé en mai dernier au festival de Cannes, Timbuktu semble s'être attiré les foudres du maire de Villiers-sur-Marne, rapporte Le Parisien. Interrogé par le quotidien, Jacques-Alain Bénisti reconnaît avoir pris cette "mesure de sécurité eu égard aux évènements".

"Je n'ai pas reçu de menace mais j'ai peur que ce film ne fasse l'apologie du terrorisme" a-t-il argué dans ces mêmes colonnes. "Ce n'était juste plus possible de le diffuser. Nous le repasserons plus tard, j'attends de voir comment évolue la situation" a-t-il enfin expliqué.

"Nous devions ne rien céder"

Pourtant, le film du Mauritanien Abderrahmane Sissako raconte comment les habitants du Nord-Mali ont réagi à l'arrivée des djihadistes dans leur région. Et prend donc par là même le contre-pied parfait des crainte du maire de Villiers-sur-Marne.

Une décision surprenante, donc, dont l'opposition socialiste s'est aussitôt émue. "Nous étions en accord avec le maire sur le fait de ne rien céder, d'organiser comme prévu les voeux du maire. Et ne rien céder, c'est aussi poursuivre la diffusion de ce genre de film", regrette ainsi, toujours auprès du quotidien, Frédéric Massot, chef de file de cette opposition.

Ce midi, le maire annonce que le film sera reprogrammé. "Je ne voulais pas que le sujet du film soit dévoyé et que les jeunes puissent prendre comme modèle les djihadistes. Nous allons reprogrammer le film dans une quinzaine de jours, et organiser un débat, avec des responsables de trois grandes religions, des représentants d'associations, et pourquoi pas, s'ils le souhaitent, des membres de l'équipe du film".