La loi Pacte ne fait que des gagnants en matière d'épargne retraite. Parmi eux, les professions libérales, les indépendants ou les chefs d'entreprise ont encore plus à y gagner, surtout s'ils optent, non pas pour le plan d'épargne retraite classique et individuel (le PERin, ex-Perp ou ex-contrat Madelin), mais pour un dispositif d'épargne salariale (le Percol, ex-Perco).

Pour que ce soit possible, ils doivent impérativement avoir au moins un salarié (la secrétaire médicale pour le médecin ou l'assistante pour le dentiste, par exemple), qui lui aussi profitera du dispositif mis en place. Quand cette condition est remplie, ils doivent regarder le Percol de plus près. Pourquoi ? Parce que c'est le plan d'épargne retraite qui, pour eux, réunit le plus grand nombre d'avantages. Explications.

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Depuis la loi Pacte, "les versements volontaires réalisés sur ce Percol sont déductibles de leurs revenus personnels ou professionnels, ce qui n'était pas le cas avant avec le Perco", explique Pierre-Emmanuel Sassonia, directeur associé d'Eres. Avant, pour bénéficier de l'énorme coup de pouce fiscal de l'épargne retraite, les indépendants souscrivaient un Perp ou un contrat Madelin. Aujourd'hui, ce n'est plus la peine, puisqu'ils ont cette faculté via le Percol. D'autant que ce dernier a un petit quelque chose en plus, qui n'existe que sur les produits d'épargne salariale : "Les versements réalisés sur le Percol déclenchent l'abondement de l'entreprise", poursuit Pierre-Emmanuel Sassonia. Le principe de l'abondement est simple : l'entreprise s'engage, chaque fois que le bénéficiaire fait un versement sur son Percol, à le compléter à hauteur d'une certaine somme (300% au maximum dans la limite de 6582 ¤ en 2021). C'est un avantage considérable en monnaie sonnante et trébuchante !

Profiter de l'abondement dont ils déterminent eux-mêmes le montant

Les indépendants ou les chefs d'entreprise peuvent donc calibrer la formule d'abondement de leur plan, de manière à recevoir le montant maximum autorisé de 6582 ¤, le tout en presque totale exonération sociale (pas de charges ni de forfait social et seulement 9,7% de CSG et de CRDS quand l'entreprise a moins de 50 salariés). Et, pour couronner le tout, "cette somme versée par l'entreprise est totalement exonérée d'impôt sur le revenu, à l'entrée comme à la sortie", complète Christine Valence, ingénieur patrimonial chez BNP Paribas banque privée. Du jamais vu en matière d'épargne !

"Pour les non salariés, c'est sans conteste le meilleur produit d'épargne du marché", selon Pierre-Emmanuel Sassonia. Seul bémol, il faut correctement calculer son coup, car les salariés bénéficient de la même formule d'abondement que leur patron et si elle n'est pas finement choisie, cela peut coûter cher à l'entreprise, réduisant du même coup tout l'intérêt du dispositif...