En trente ans, les garde-temps de luxe se sont imposés aux poignets des citadins comme le parfait bijou masculin, l'indice éloquent du raffinement de leurs propriétaires (et de leur pouvoir d'achat). Toutefois, la croissance de leur prix bien plus rapide que celle du coût de la vie incite désormais bon nombre d'amateurs à miser sur des éditions récentes vendues d'occasion. Il faut dire que la versatilité d'un marché très soumis à la mode garantit de disposer d'un parc de montres modernes de seconde main bien supérieur à celui des instruments anciens, assimilés à des modèles de collection.

Les sites de revente se multiplient

Auparavant, la revente des pièces déjà portées se faisait par le biais des distributeurs de montres aussi bien anciennes que modernes. La boutique Montres Modernes et Collections de Paris (MMC) ou l'enseigne Crésus dont les boutiques sont ouvertes en France et au Luxembourg, ont largement tenu le marché hexagonal. Aujourd'hui, de nombreux sites comme chrono24.fr, cresus.fr, mais aussi ceux de boutiques spécialisées qu'il est possible de découvrir en tapant "montres d'occasion" dans n'importe quel moteur de recherche, proposent également ce type de références.

Les maisons et les groupes de luxe s'y mettent aussi

La hausse de la demande a poussé certaines entités du commerce horloger à élargir leur activité à la vente de seconde main et à des produits déclassés, considérés comme d'occasion. Jusque dans un récent passé, ils étaient absorbés par l'intermédiaire de professionnels de la revente sur des réseaux parallèles, et en particulier par des sociétés pratiquant l'échange marchandises (Barter). Seulement comme de plus en plus de marques distribuent leurs collections à travers leur réseau de boutiques, certains groupes se sont penchés sur ce domaine plébiscité par les passionnés. Ainsi, le groupe Richemont, propriétaire de nombreuses maisons horlogères de prestige, a acquis depuis peu le site watchfinder.com, et Bucherer vient récemment d'ouvrir à Paris, un espace de 150 mètres carrés (soit 7% de sa surface) dédié aux montres d'occasion. "Ce changement d'attitude de la part des groupes en dit long sur le potentiel de ce marché sur lequel nous avons longtemps été précurseurs car il représente un excellent relais de croissance avec 12 % de hausse par an contre moins de 4% pour le neuf", déclare Maximilien Urso, le patron de Cresus. Et puis l'occasion est tendance car elle permet d'être en phase avec le marché d'autant que l'achat d'un modèle neuf est de plus en plus conditionné par la reprise d'un autre plus ancien ou moins à la mode.

Le prix de la garantie

On notera tout de même qu'en boutiques ou sur les sites spécialisés, les montres disponibles sont souvent plus chères que celles présentes sur d'autres plateformes génériques comme Ebay ou Leboncoin. Le contrôle, la révision parfois nécessaire et la garantie de deux ans comme chez Cresus depuis janvier coûtent cher. Mais cela offre moins de risques que si l'on achète sa tocante à un particulier. Ce qui est vrai pour une voiture vaut pour une montre. Après, chacun sera libre de tenter sa chance. Cependant, à moins d'être un expert en horlogerie et de pouvoir contrôler sur place l'objet convoité, il sera toujours préférable de s'en remettre à des professionnels qui, à force de concurrence, ajusteront leurs prix pour attirer une clientèle à l'oeil aiguisé, sachant attendre la bonne affaire. Quoi qu'il en soit, acheter en ligne et en toute sécurité de chez soi une montre d'occasion est un moyen parmi d'autres de se faire plaisir au meilleur prix...

l'application Watchfinder avec une Rolex Oyster Perpetual Submariner, une des pièces de la marque parmi les plus recherchées par les amateurs de montres d'occasion.

L'application Watchfinder avec une Rolex Oyster Perpetual Submariner, une des pièces de la marque parmi les plus recherchées par les amateurs de montres d'occasion.

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