Véritable déluge irréel de carats, cette exposition conçue par Evelyne Possémé, conservatrice en chef du musée des Arts Décoratifs, met en lumière VCA, maison "historique" de la place Vendôme qui révolutionna plus d'une fois l'art joaillier. En tout cas, l'une des rares à avoir maintenu depuis ses origines un geyser de créativité -très apprécié des Américaines-, où la beauté des pierres n'éclipse jamais le brio novateur de l'orfèvre.

La naissance d'un style

Pour l'occasion, la maison a dû mettre à plat ses archives afin de dater toutes les pièces avec précision. Le résultat est un fabuleux périple dans l'évolution de la modernité, où l'on voit Van Cleef & Arpels bâtir peu à peu l'ADN qui va le distinguer: les bijoux à transformation, les tissus de métal précieux. Et tout un univers onirique (fées, fleurs, petits animaux...) à l'unisson d'un travail délicat, atouts féminins d'un joaillier qui fut aussi le premier à lancer un parfum (First, en 1976).

L'inventeur

On retrouvera aussi quelques pièces phares créées par les "grandes mains" de la maison, l'une des dernières à conserver des ateliers en propre: la Minaudière, à la fois étui à cigarettes et nécessaire de beauté; les bijoux réalisés dans ce "serti mystérieux" qui unifie les pierres en masquant le métal; le bracelet Ludo, ruché en maille d'or paré d'un riche fermoir Art déco. Ou le célébrissime collier Zip, fermeture Eclair en or et diamants, commandé par la duchesse de Windsor.

L'ami des stars

Car, de Barbara Hutton à Liz Taylor en passant par Soraya et Grace de Monaco..., ces bijoux ont ébloui tant de célébrités! Les fous de cristaux, quant à eux, se nourriront de pierres rares, comme le saphir rosé padparadscha, le grenat vert tsavorite ou ces opales éthiopiennes qui ressemblent à des boules de feu...