Comment organisez-vous vos journées ?
Barbara Boccara : Je me lève vers 8h, je fais quelques exercices et je réveille ma fille vers 9h pour son école en ligne. Je trouve ça vraiment génial comme système. Ensuite, je me mets moi-même au travail. Je trouve un équilibre entre le pro et le privé. Les courses en ligne, la préparation des repas, le ménage, les machines... Je suis occupée.
Sharon Krief : Depuis le début du confinement, le business occupe 99 % de mes journées.
Votre activité se poursuit donc... Comment vous êtes-vous adaptées ?
B. B. : Bien sûr... Nous restons chefs d'entreprise. Nous devons gérer l'état de crise et anticiper la reprise avec nos collaborateurs. Notre site en ligne est resté ouvert. Notre équipe de style continue les lancements afin de pouvoir présenter la collection en septembre. Nous échangeons tous à travers différents moyens de communication comme Teams ou WhatsApp. Tout le monde se mobilise pour trouver des solutions aux problèmes journaliers que rencontre une entreprise en temps de confinement.
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S. F. : Nos magasins en Chine ont tous rouvert. Nous avons pris toutes les mesures sanitaires qui s'imposent. Nous avons mis en place des équipes réduites qui se relaient et ne se croisent jamais. Ils ont tous des masques, du gel et respectent les gestes barrières. Par ailleurs, après avoir soutenu la lutte contre le cancer du sein ou encore celle contre les violences faites aux femmes, nous avons souhaité nous engager pour une nouvelle cause en cette période difficile : celle du personnel hospitalier. Mathilde, une de nos stylistes confinée, a donc imaginé le tee-shirt "Hope" avec un message plein d'espoir et de reconnaissance. Il est disponible sur notre e-shop et les bénéfices seront reversés à la Fondation des Hôpitaux de Paris - Hôpitaux de France.
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Tee-shirt "Hope", Ba&sh, 35 euros.
© / sdp
Quel est votre uniforme de travail ?
S. F. : En ce moment, mes tenues de travail sont mes sweats à capuche Ba&sh. Mais, parfois, car il ne faut pas se laisser abattre, il m'arrive de mettre une robe imprimée et colorée. Moi qui suis coquette, je n'en peux plus de ne plus jamais m'habiller, me maquiller, me coiffer.
B. B. : Quand je suis à la maison, je suis toujours en homewear... C'est ma passion : les joggings/caleçons, sweat-shirts lavés et relavés. Mon coup de coeur : un hoodie Ba&sh très doux.
Qu'est-ce qui vous manque le plus en ce moment ?
B. B. : Les réunions de famille, d'amis et de travail et... l'agitation de Paris en général.
S. F. : Ma vie d'avant...
Qu'est-ce qui vous surprend le plus dans la période que nous vivons ?
S. F. : Cette période me paraît totalement surréaliste. Je n'arrive pas à intégrer, qu'en 2020, une chose pareille puisse arriver, on ne doit pas sortir de chez soi, on ne doit plus se voir, s'embrasser, se toucher... Quand on sort faire ses courses, les gens s'évitent. On porte des gants et des masques dans la rue, dans le monde entier... Le soir, aux infos, on lit le décompte des personnes tombées malades, des personnes hospitalisées, des personnes mourantes, par pays... C'est complètement fou !
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Qu'est-ce qui vous réjouit le plus ? Ou vous agace le plus ?
S.F. : La solidarité qui se met en place est magnifique et très touchante. Cependant, je suis outrée d'entendre que des personnes puissent profiter de cette période et commettre des actes odieux tels que casser des voitures pour voler des masques à des aides-soignantes. Comment est-il possible de s'enrichir de ce malheur ?
À quoi rêvez-vous la nuit ou pensez-vous le plus, le jour ?
S. F. : Je ne rêve plus la nuit... Je suis bien trop épuisée. Le jour, je me dis que c'est un cauchemar et que je vais finir par me réveiller...
B. B. : À la bonne santé de mon entourage, à la baisse des courbes du virus, au traitement trouvé qui nous permettrait d'en finir... À nos jours meilleurs.
Vers quelles oeuvres essentielles vous retournez-vous ?
S. F. : En pensant que j'aurais du temps, j'avais décidé de relire tous mes classiques préférés : Bel Ami de Guy de Maupassant, Belle du Seigneur d'Albert Cohen... J'ai donc une pile de livres qui m'attend.
B. B. : Stefan Zweig... toutes ses nouvelles me font m'évader un moment.
Quels films ou séries regardez-vous ?
S. F. : Je n'ai pas encore réussi à me poser pour voir un film ou une série... Le temps file étrangement.
B. B. : Bizarrement, je n'ai pas encore eu beaucoup de temps pour cela... Il m'arrive de regarder des comédies comme Les Tuches ou Papa et Maman, histoire de décrocher un peu. Et je m'endors avec Les Demoiselles du téléphone sur Netflix.
Écoutez-vous de la musique ?
B.B. : Un peu de Marvin Gaye, un peu des DJ Bedouin.
S. F. : Ma seule détente est de mettre la musique à fond le soir après les infos avec mes filles et de danser un peu pour nous défouler.
Quelle est l'appli dont vous ne pouvez pas vous passer en ce moment ?
B. B. : Zinio... J'achète mes magazines en ligne.
L'odeur qui vous apaise ?
B. B. : Depuis une dizaine de jours, j'ai perdu mon odorat alors j'ai hâte de retrouver le parfum de ma mère.
Quelle est la première chose que vous ferez quand nous sortirons de ce moment de confinement ?
S. F. : La journée, je retournerai travailler au bureau avec plaisir. Le soir, j'irai faire une grosse fête avec mes amis !
B. B. : La fête, la fête, la fête !
Avez-vous une anecdote de ces premières semaines en confinement ?
B. B. : Oui, la tête de mes enfants quand ils voient les repas faits maison...
Votre aliment anti-déprime ?
S. F. : Le chocolat ! C'est la cata ....
B. B. : Un jus de citron chaud avec de la menthe fraîche.
Le moment de la journée que vous préférez ?
S. F. : 20 h, c'est le moment où je pose tous mes appareils, ordinateurs, téléphone. Celui où je retrouve ma famille pour aller applaudir les aides-soignants. Et ensuite regarder les infos tous ensemble réunis dans le salon. Le moment ou mon cerveau déconnecte enfin.
B. B. : Mon bain, vers 20 h avec ma fille, de la mousse et de la musique.
