Vous n'aimez pas la mode? Vous l'aimez mais elle vous agace? Dans tous les cas, Loïc Prigent est votre homme. En cette période de Fashion Week où célébrités et invités de marque se pressent au premier rang pour admirer les prochaines tendances imaginées par les créateurs, Loïc Prigent rapporte toutes les petites phrases des professionnels jusque là restées secrètes dans des tweets plus que savoureux:

"C'est l'enfer. Tu vois l'enfer? Et bien c'est l'enfer."

"Il s'est fait larguer par Instagram. C'est trash mais au moins c'est pointu."

"Ils veulent faire une téléréalité sur moi, mais pas vulgaire tu comprends."

"Autant l'année dernière c'était l'année de l'oeil, autant cette année c'est l'année de la lèvre."

"Non j'ai dû vendre l'appartement de Hoche, je captais pas."

Des débuts à Libération

Loïc Prigent a commencé comme journaliste à Libération et s'est retrouvé pour la première fois à un défilé avec pour mission d'écrire sur le show: "Au lieu d'un compte rendu, j'ai écrit un 'article cacahuète', des potins sur les à-côtés des shows, racontait-il à L'Express en 2012. Naîtra la rubrique 'La phrase entendue', 'complètement hystérique' et vite culte grâce à des saillies de first row hautes en couleur, type 'J'ai pris tellement de vitamines que, quand j'urine, ça mousse'".

"Moi aussi, je suis dans le système. J'en profite"

Ce genre décapant devient sa signature et, même s'il évolue en tant que réalisateur de documentaires (Signé Chanel) et d'émissions centrées sur le milieu de la mode -Habillé(e)s pour... sur Canal Plus avec Mademoiselle Agnès par exemple-, Loïc Prigent entend bien garder le même ton. Cynique à la limite du mépris, il joue les équilibristes, tacle allègrement les 'fashionistas' mais gagne pourtant sa vie grâce à ce milieu: "Moi aussi, je suis dans le système. J'en profite. J'espère le faire sainement. Je me sens toujours indépendant".

Une chose est sûre, ses tweets donnent une toute autre couleur à la Fashion Week et permettent un véritable exutoire jubilatoire. Avec le nombre de tweets dégainés toutes les heures, on se demande tout de même s'il n'inventerait pas quelques répliques ou s'il n'est pas aidé par deux ou trois indics. Allez, trois dernières pour la route:

"300 euros pour le T-shirt, franchement pour notre cible ça passe."

"Tu peux me passer un chewing gum? J'ai une haleine automne hiver 1992."

"Pardon, vous faites un flashmob?" (A la meute devant Chanel)