Établie par la styliste anglaise Katie Grand, la liste des mannequins appelées à défiler pour Marc Jacobs le 15 septembre en clôture de la Fashion Week de New York était pour le moins remarquable.
Kendall Jenner, les soeurs Gigi et Bella Hadid, Jourdan Dunn, Karlie Kloss: les tops stars des réseaux sociaux -couramment appelées les Instagirls- ont toutes répondu à l'appel et largement partagé les coulisses avec leurs millions d'abonnés.
D'autres modèles plus aguerris sont venus compléter ce casting cinq étoiles puisqu'Adriana Lima et Irina Shayk faisaient elles aussi partie de cette rave party haute en couleurs.
Les dreadlocks de la discorde
Autre star de ce défilé, les dreadlocks pastels ont suscité de nombreuses réactions. Si certains, comme la jeune mannequin Taylor Hill, se sont enthousiasmés pour ce nouveau look, d'autres relancent le débat de l'appropriation culturelle, choqués de voir le créateur recourir à cet artifice plutôt que de prendre des mannequins noirs avec de vraies dreadlocks.
C'est notamment le cas d'Amy sur Twitter, qui commente: "Comment Marc Jacobs pense-til que c'est ok d'embaucher tout un tas de mannequins blancs et de leur donner de fausses dreadlocks pour son défilé..."
Coiffeur renommé appelé comme à chaque défilé pour imaginer les looks beauté au côté de François Nars au maquillage, Guido Palau a pu répondre à The Cut: "Je n'y pense pas vraiment. Je m'inspire de toutes les cultures. Le style vient de la confrontation des choses. (...) Des cultures différentes se marient constamment. On le voit dans la rue. Les gens ne s'habillent pas de la tête au pied d'une seule façon."
Marc Jacobs a contre-courant
Insensible aux modes, qu'elles soient commerciales (la mode vendue tout de suite après le défilé) ou esthétiques, Marc Jacobs reste un animal à part de la mode américaine. Il l'a une nouvelle fois montré avec une collection aux reflets argentés omniprésents et avec quelques tenues d'inspiration militaire.
Alors que jupes à godets et robes aux genoux avaient envahi les podiums depuis le début de la saison, accompagnées d'un parfum de romantisme, le couturier new-yorkais s'est lui arrêté, au mieux, à mi-cuisse.
Pour accompagner les culottes taille haute satinées, vestes et manteaux étaient richement brodés de sequins, agrémentés de plumes ou de fourrure. En bas, de hautes chaussettes aux motifs enfantins accessoirisaient d'imposantes et clinquantes bottes à plateforme.
A l'heure où les anciens, dont il fait désormais partie, cherchent de nouveaux repères, à l'instar de Tommy Hilfiger, Calvin Klein, Oscar de la Renta, Carolina Herrera ou Ralph Lauren, Marc Jacobs tient son cap. Il décline, pour ce faire, une mode qui ne fait sans doute pas l'unanimité et n'y aspire visiblement pas d'ailleurs, mais dégage une aura qui se fait rare aujourd'hui.
