Comment le Covid-19 a transformé votre activité habituelle?
Daniel Flachaire : Notre activité étant la fabrication et la distribution de notre marque de maillots de bain, nous avons été directement impactés par la fermeture des commerces non indispensables. L'ensemble de nos clients indépendants dans le monde a dû fermer ses boutiques ; nous-mêmes avons dû fermer nos propres magasins. Cela a eu pour conséquence la mise au chômage technique de notre personnel de vente. De plus, nous travaillons avec une activité extrêmement saisonnière : le mois de mars correspond à la période où 90% de notre production est terminée et payée pour la majorité. 70% de nos livraisons se font sur la même période, les 30% ayant été livrées plus tôt. Nos clients payant en moyenne 60 jours plus tard, c'est normalement sur les mois d'avril à juin que se reconstitue la trésorerie nécessaire au fonctionnement de l'entreprise...
Comment vivez-vous cela?
Nous sommes avant tout préoccupés par la santé de tous nos collaborateurs. Nous avons tout de suite mis en place, dans la mesure du possible, un système de télétravail pour les salariés, et des mesures barrières ont été instaurées auprès de ceux qui ont continué une activité. En ce qui nous concerne, nous vivons cela avec espoir de nous retrouver tous et toutes et nous relever plus forts à la fin de cette pandémie.
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Et comment faites-vous face ? Racontez nous vos initiatives ....
J'ai été très heureux, sans être surpris, de constater une grande solidarité dans les équipes qui sont extrêmement mobilisées pour nous aider à affronter cette crise. Nous sommes également particulièrement reconnaissants et fiers de notre équipe de production qui a accepté de venir travailler quand nous avons décidé de mettre en place une production de masques dans notre atelier. Tous les masques sont donnés à la Direction Sanitaire et Sociale de la Principauté de Monaco, où se trouve notre siège, et qui se charge de les distribuer en milieu hospitalier ainsi qu'aux personnes travaillant au contact de personnes âgées et vulnérables. Cette participation au combat contre le COVID-19 est source d'une grande fierté pour tous les salariés de Banana Moon. De plus, notre chaîne de production a été une véritable force dans cette crise. Nous possédons notre propre atelier de coupe pour l'ensemble de nos modèles, qui sont ensuite assemblés dans notre usine en Tunisie. Un atout majeur quand on connait aujourd'hui l'interdépendance avec la Chine. Grâce à ce modèle, l'ensemble de nos commandes a été honoré et livré dans les temps.
Comment pensez-vous la suite ?
Nous nous préparons activement pour ne pas perdre une minute dès lors que la crise sanitaire cessera. Toutes les énergies sont concentrées sur la reprise de l'activité qui ne se fera sans doute pas immédiatement. Les salons, par exemple, ont été reportés de juin à septembre. Les collections sortiront évidemment avec du retard et il nous faudra donc redoubler d'efforts pour faire en trois mois ce que nous faisons d'habitude en cinq. Il est également possible que le tourisme international soit beaucoup moins présent cet été et que chaque pays ne travaille qu'avec ses touristes nationaux. Voilà beaucoup d'incertitudes... mais autant de challenges à relever.
Quels sont vos projets, avez-vous mis en place de nouveaux champs d'action ? Et quel conseil donneriez vous à un autre entrepreneur ?
Je ne pense pas être en mesure de donner des conseils car chaque entreprise est un cas particulier, si ce n'est de rester positif et de penser à être prêt pour la sortie de crise : nous ne savons pas quand mais nous savons qu'elle cessera. Les difficultés rencontrées nous amènent à faire preuve de créativité pour continuer à avancer.
