Au Cachemire Indien, la neige a décimé près de 25 000 chèvres pashmina, sur le haut plateau du Changtang, à 5.200 mètres d'altitude. Leur fourrage a été enseveli sous d'inhabituels monticules de neige, déplore Rigzin Spalbar, qui dirige le Conseil de développement du Ladakh, un organisme de gouvernance autonome de la région. "Toutes les routes d'accès aux terres sont bloquées par la neige. Il y a une semaine, nous avons demandé au gouvernement de parachuter du fourrage et des suppléments alimentaires pour les chèvres qui ont résisté", a-t-il expliqué.

"Il m'a fallu sept jours de marche pour atteindre la zone et lorsque je suis arrivé, il y avait des cadavres de chèvres partout autour de moi", raconte-t-il, précisant que le seul contact avec les nomades s'effectue par téléphone satellitaire. Environ 175.000 chèvres risquent de connaître le même sort, si elles ne trouvent pas un moyen d'avoir accès à la nourriture ensevelie sous 90 centimètres de neige. Outre les chèvres pashminas, Rigzin Spalbar estime que 100.000 moutons, vaches et yacks risquent aussi de mourir de faim à cause des chutes de neige. Une menace pèse désormais sur la production de laine nécessaire à fabriquer de luxueux châles, prisés dans le monde entier.

50 tonnes de cachemire par an

Des milliers de nomades élèvent ces petites chèvres sur les terres lunaires et inhospitalières de la région du Ladakh, dans l'Etat du Jammu-et-Cachemire (nord) proche de la Chine. Chaque année, près de 50 tonnes de ce duvet très recherché, souvent appelé "l'or en fibre", sont produites dans cette région.

La laine est prélevée sur le cou de l'animal, là où elle est la plus douce. Elle est ensuite envoyée dans la vallée du Cachemire pour être tissée et transformée en foulards et châles, pouvant atteindre la somme de 800 dollars (615 euros). Plus l'altitude de l'élevage de l'animal est élevée, plus la qualité de la fibre est grande: à haute altitude, la chèvre produit une laine de meilleure qualité qui lui permet de lutter contre le froid.