Je n'ai jamais acheté aussi peu de vêtements que l'année dernière. 2018 marque une rupture : j'avais amorcé une consommation raisonnée depuis plusieurs années, mais elle n'avait pas encore atteint des proportions aussi radicales. 17 pièces pour un montant total de 695 euros, soit moins de 60 euros par mois. Voilà un record personnel que j'aurai du mal à battre. Tel n'est d'ailleurs pas mon but.
Les causes de cette évolution sont multiples. La principale, c'est l'impact de mon cancer du sein. De janvier à août, les traitements ont à la fois impliqué des frais médicaux accrus qui ont grevé mon budget, moins de contraintes de représentation professionnelle du fait du congé maladie et moins d'énergie pour aller faire les magasins (j'achète peu en ligne, j'ai besoin de toucher et d'essayer sur place avant de me décider).
Une consommation française d'habillement en recul
À cela s'ajoute ma volonté, ancrée depuis longtemps maintenant, de faire mes achats en pleine conscience : je n'envisage plus le shopping comme un passe-temps, mes achats sont prévus plutôt que spontanés, ils correspondent systématiquement à un besoin.
Comme souvent, on croit avoir un comportement singulier, puis on se rend compte que le mouvement est général. En 2018, la consommation française en textile et habillement a reculé de 2,9% selon les prévisions de l'Institut français de la mode. Plus généralement, notre société est en train de changer de paradigme : après avoir valorisé la surconsommation, une attitude plus mesurée et plus responsable est prônée dans tous les domaines. En 2019, l'association Zero Waste nous invite, par exemple, pour la seconde année consécutive, à relever le "défi Rien de neuf" afin d'éveiller les consciences au gaspillage et aux solutions alternatives -réparations, achats d'occasion ou troc.
On aurait pu croire qu'à l'automne, retourner travailler me donnerait envie de refaire ma garde-robe. C'est au contraire le moment où la nécessité d'amorcer ma transition écologique s'est imposée à moi.
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En quête de nouveaux repères, je me suis mise à suivre sur Instagram des comptes en phase avec ces préoccupations, comme @merciraoul, @anagreenbabycircus, @helloannouchka.
Ces nouvelles références m'ont confortée dans mon envie de tirer le meilleur parti de mon vestiaire existant, comme le prouve mon expérience du 10x10 challenge.
À l'arrivée, qu'ai-je donc acheté ? Comme je vous l'avais présenté par le passé sur mon blog, voici l'inventaire de mes acquisitions et mes impressions à l'usage (à l'exception des collants, chaussettes et culottes, que j'ai omis de noter).
Leggings

Leggings Asos.
© / Courtesy of Asos

Leggings Adidas.
© / Courtesy of Adidas

Leggings Uniqlo.
© / Courtesy of Uniqlo
Circonstances : en 2018, ma quête de bien-être est beaucoup passée par le sport. J'ai continué de courir et je me suis mise au yoga. Il me fallait pour cela renouveler mon équipement. J'avais envie de modèles imprimés et pas trop chers.
À l'usage : les modèles Asos et Uniqlo se sont révélés très confortables, l'Adidas beaucoup moins car trop taille basse et pas assez élastique. J'ai toutefois compris pourquoi les Lulumelon -référence en matière de pantalons de yoga- sont tellement plus onéreux : la matière se détend probablement moins avec le temps.
Deux brassières Uniqlo

Brassière Uniqlo.
© / Courtesy of Uniqlo
Circonstances : les modèles m'ont plu parce que les bonnets sont thermoformés, ce qui me permet de me passer de prothèse sans que ça se remarque trop.
À l'usage : agréables mais je les ai tellement portées qu'elles mériteraient déjà d'être remplacées.
Un costume & Other Stories

Costume & Other Stories.
© / Courtesy of & Other Stories
Circonstances : en février, j'ai estimé que ma garde-robe avait besoin d'un coup de frais pour la belle saison. J'ai fait le plein chez & Other Stories, la marque qui présente actuellement pour moi le meilleur rapport qualité-prix. C'est le groupe H&M, donc de la fast fashion, mais pas à bas prix.
À l'usage : rien de mieux que des carreaux pour dynamiser une tenue. C'est mon achat de l'année : dès que j'ai besoin de me sentir chic, il me sauve la mise, tout en m'offrant l'aisance d'un pyjama. Le blazer n'est pas assez chaud pour l'hiver mais le pantalon, particulièrement bien coupé, est agréable en toute saison.
Une marinière

Marinière & Other Stories.
© / Courtesy of & Other Stories

Top & Other Stories.
© / Courtesy of & Other Stories
Circonstances : mon goût pour les rayures grandit avec les années. J'aime leur côté graphique. Je les porte souvent en mix and match, avec des imprimés ou des carreaux. Les proportions et l'encolure de ces deux modèles sont parfaites.
À l'usage : la composition 100% laine (très douce) du premier le rend plus adapté à l'hiver qu'aux intersaisons. Je le porte souvent, sur un débardeur Airism blanc. Le second s'est révélé une très bonne pioche : chic, qui se lave facilement, ne se repasse pas et semble inusable. Je l'ai tellement porté qu'il doit avoir l'un des meilleurs cost per wear de ma garde-robe.
Deux caracos blancs Airism d'Uniqlo

Débardeur Airism d'Uniqlo.
© / Courtesy of Uniqlo
Circonstances : une amie m'a dit qu'elle n'avait pas trouvé mieux pour avoir chaud sans cumuler les épaisseurs.
À l'usage : testés, adoptés ! Très frileuse, je les porte en hiver, sous une robe ou un pull.
Cape Les Récupérables

Cape Les Récupérables.
© / Crédit photo : Anaïs Dautais Warmel
Circonstances : alors que je cherchais un châle pour me réchauffer au bureau, j'ai rendu visite au pop-up store d'Anaïs Dautais Warmel, une jeune créatrice dont j'apprécie l'approche upcycling.
À l'usage : je me suis rendu compte un peu tard que ce magnifique tweed gratte et que les capes m'encombrent. Je la porte peu. Ça m'apprendra à acheter sur un coup de tête.
N'ayant pas retrouvé la photo de mes autres vêtements achetés, je me contente de vous les énumérer afin que ma liste soit exhaustive : une paire de leggings mi-mollet Uniqlo, un tee-shirt et une écharpe & Other Stories, un soutien-gorge Princesse Tam Tam, un bas de pyjama Monoprix, un sac en toile Monoprix x Château Rouge, un gilet Zara.
Enfin, j'ajoute à cela deux paires de chaussures reçues en cadeaux :
Baskets Nike Air Humara '17 QS

Baskets Nike Air Humara '17 QS.
© / Courtesy of Nike
Circonstances : je les ai vues sur une amie. J'ai flashé dessus. La mode des grosses baskets a eu raison de moi. Alors que j'y suis d'habitude hermétique car je trouve que ça me fait des pieds énormes (je fais du 40,5), je n'ai pas résisté à la combinaison de couleurs de celles-ci.
À l'usage : j'ai du mal à les porter avec une jupe par souci de proportions, mais je les enfile avec un immense plaisir chaque week-end.
Bottines Martine d'Avril Gau

Boots Avril Gau, modèle Martine.
© / Courtesy of Avril Gau
Circonstances : toutes mes boots commençaient à donner des signes de fatigue. Il me fallait une nouvelle paire de chaussures chics. J'avais envie de bottines lacées, mais tous les modèles avaient des zips inutiles. Je me suis rabattue sur ce modèle sobre, aux accents sixties. J'ai déjà plusieurs paires d'Avril Gau, toutes élégantes et solides. Je sais que je les garderai longtemps. Le 10x10 challenge que je venais d'achever m'avait rappelé que ma couleur dominante était le bleu marine, j'ai donc choisi cette couleur.
À l'usage : on verra, elles sont encore chez le cordonnier, à qui j'ai demandé de leur poser un patin.
Bilan 2018, perspectives 2019
Le but de cet exercice est de m'aider à prendre du recul sur mes habitudes de consommation. Cette année, je me rends compte que ma démarche est durable dans la quantité -restreinte- et le type de vêtements choisis -des essentiels costauds qui vont beaucoup me servir- mais pas encore dans le choix des marques que j'achète.
Dans les faits, je n'ai pas encore complètement ouvert mon champ de recherche à des griffes plus respectueuses des hommes et de l'environnement. Jusqu'en septembre, je n'avais pas la tête à ça. Depuis, l'idée fait son chemin, au moins pour certains types de produits. J'ai par exemple bien envie de me trouver un jean Maison Standards, à la fabrication au dessus de tout soupçon, et une paire de sandales Arizona chez Birkenstock, fabriquées en Allemagne, à la semelle en liège recyclé. Je ne diabolise pas la fast fashion pour autant : je compte plutôt m'ouvrir à d'autres options.
J'aimerais ainsi retourner à davantage de vintage, où je m'approvisionnais beaucoup quand j'étais plus jeune, mais je n'ai pas encore trouvé le temps d'aller fourrager des heures dans les friperies. Mon vestiaire actuel risque de me servir encore longtemps.
