Si vous étiez un livre... Le Théâtre et son double, d'Antonin Artaud. C'est un écrivain qui me touche car il remet les choses à leur place; il se moque de l'esbroufe autour du théâtre, il le désacralise totalement. Artaud avait une vision, il a pratiquement inventé le théâtre radiophonique. C'était un précurseur.

Un film... Les Valseuses. Je l'ai encore vu hier; j'ai bien ri, les dialogues sont géniaux, Miou-Miou est bandante et émouvante. J'aime les films français, je ne suis pas du tout dans le trip gangster attitude, Scarface, tout ce cliché du rap. Je suis touché par l'humanité des Jean Gabin, Lino Ventura, André Pousse, Francis Blanche... Je me reconnais dans cette famille-là du cinéma.

Une autre nationalité... Mais je suis d'une autre nationalité: mon pays, c'est le PSG! [Rires.] Ils ont un beau jeu collectif ces temps-ci et puis, il paraît que Beckham va arriver, c'est bien pour le prestige. On est premier du championnat, putain, ça faisait longtemps!

Une escapade en amoureux... Un week-end gastronomique. J'irais dans le Pas-de-Calais, du côté de La Madelaine-sous-Montreuil. Je ferais un saut à La Grenouillère, l'auberge du chef Alexandre Gauthier.

Une devise... "Je nourris un plus grand rêve pour défier le réel avec l'aura d'un libertaire pour qu'il me pousse des ailes." C'est une phrase issue du titre Mon rôle, sur mon nouvel album. Elle me plaît bien cette phrase-là; j'essaie d'être un homme libre.

Un gros défaut... Je suis pudique et facilement gêné donc je me réfugie souvent dans le cynisme. Et je peux être très égoïste, aussi. Emotionnellement, je suis tout le temps en dents de scie; mon cynisme n'est pas contradictoire avec l'amour que je peux ressentir.

Le parfum d'un être aimé... J'aime embrasser ma mère dans le cou, je prends plaisir à le faire très discrètement, car elle n'est pas franchement du genre à se laisser câliner. Et, bien sûr, l'odeur de mes enfants.

Un autre métier... Quand j'étais jeune, je disais à mon père que je voulais être Serpico. Ce flic incorruptible, seul contre tous, incarné par Al Pacino. Aujourd'hui, je répondrais sans doute: acteur. La seule chose qui me dérange dans ce métier, c'est que les comédiens sont très durs entre eux; il y a une compétition incroyable. J'ai beaucoup de chance que le cinéma soit venu à moi. Mon rêve serait de tourner avec Bertrand Blier.

Un contemporain du sexe opposé... Laurence, mon assistante, qui me supporte et sait y faire avec moi, et je te promets que ce n'est pas une mince affaire.