Depuis plusieurs mois, Jane Birkin sillonne la France pour son spectacle Gainsbourg, poète majeur, dans lequel elle lit avec Michel Piccoli et Hervé Pierre 69 textes écrits par l'homme qui a partagé sa vie et dont on fêtera le 2 mars les 25 ans de sa disparition, Serge Gainsbourg. Sa tournée se termine par une ultime représentation le 7 décembre au théâtre du Rond-Point. "Je n'ai jamais connu quelqu'un qui n'était pas surpris par la beauté des textes", confie Jane Birkin ce mercredi au micro de RTL.
Malgré les années d'expérience, la scène continue de l'effrayer, en particulier lorsqu'il s'agit de lire les mots de celui qu'elle a aimé: "J'ai eu tellement peur, la terreur de perdre sa voix, de rater une phrase, la terrible responsabilité des textes de Serge [...] Cela me faisait vomir."
"Tu étais avec nous mais tes yeux ne voyaient rien"
Le spectacle a permis à la mère de Charlotte Gainsbourg d'y plonger son énergie alors qu'elle était encore endeuillée après le décès de sa fille aînée, Kate Barry, tombée du quatrième étage de son immeuble en décembre 2013. Elle revient sur cet événement tragique: "Quand Kate est morte je suis restée à la maison pendant un an sans bouger, sans bouger du tout. Comme disait mon petit-fils: 'Tu étais avec nous mais tes yeux ne voyaient rien'. Je me suis dit que ça serait bien de faire quelque chose qui me mette près des gens [...] Je sais pourquoi je suis là et je m'en voudrais de ne pas être là si on peut physiquement le faire."
Jane Birkin raconte également être allée se recueillir près de la salle du Bataclan après les attentats du 13 novembre. Un lieu cher à son coeur puisqu'elle s'y est produite pour la première fois sans playback en 1987: "J'avais 40 ans et tout semblait tellement gai et il y en a qui ont décidé que ça soit à cet endroit-là. C'est un scénario effrayant. C'est vraiment nos enfants qui étaient au Bataclan."
Les bénéfices reversés à La maison de Kate
En 2012, elle confiait à Gala être atteinte d'une maladie auto immune qui l'avait contrainte à annuler plusieurs concerts. A RTL, elle laisse entendre, avec une note d'humour, faire toujours des séjours à l'hôpital: "Ça va, le moral est bon [...] Je m'amuse dans les hôpitaux. Je pensais que je tomberais amoureuse de quelqu'un dans le médical. C'est pas faute d'avoir essayé."
Les bénéfices de la dernière représentation de Gainsbourg, poète majeur, seront reversés à La maison de Kate, le centre créé par Kate Barry pour soigner les addictions.
