Elle porte une petite robe noire, stricte et belle, serrée à la taille par une fine ceinture. Elle avance au côté de son mari Felipe et sur le parvis s'incline, jusqu'à baiser la main du cardinal Sistach qui lui sourit.

L'heure du recueillement pour les familles

Letizia pénètre dans la basilique de la Sagrada Familia, le chef-d'oeuvre moderniste dû à l'architecte catalan Antoni Gaudí. Devant elle, cent cinquante bougies brillent face à l'autel, symbolisant toutes les victimes d'une catastrophe aérienne particulièrement meurtrière, survenue le 24 mars dernier. Le couple royal avait alors décidé d'annuler sa première visite d'État en France à peine entamée.

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Profondément recueilli, le roi Felipe a trouvé les mots justes pour calmer la douleur des familles des victimes.

Profondément recueilli, le roi Felipe a trouvé les mots justes pour calmer la douleur des familles des victimes.

© / Pool/Despotovic

Avec une infinie douceur, le roi et la reine d'Espagne vont saluer l'une après l'autre les familles des disparus, les proches, embrassant les enfants, s'inclinant devant tant de douleur et encore d'incompréhension. Main sur le coeur, Felipe sait trouver les mots. Letizia saisit une main, caresse un bras, sourit parfois.

Felipe et Letizia partagent leur douleur

Parmi les mille cinq cents personnes présentes, on reconnaît, le visage grave du Premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, et le secrétaire d'État aux Affaires européennes, Harlem Désir. Carsten Spohr, le président-directeur général de la Lufthansa, et Thomas Winkelmann, le directeur général de Germanwings, sont également présents.

Dans une empathie manifeste, la reine d'Espagne a partagé la douleur des familles, venues nombreuses dans la basilique de la Sagrada Familia.

Dans une empathie manifeste, la reine d'Espagne a soutenu les familles endeuillées, venues nombreuses dans la basilique de la Sagrada Familia.

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La cérémonie présidée par le cardinal Sistach, archevêque de Barcelone depuis le 15 juin 2004, est avant tout catholique. Ce qui a fait toutefois grincer quelques dents! En effet, la communauté autonome de Catalogne demandait une cérémonie multiconfessionnelle et non strictement placée sous l'obédience de l'église catholique qui, à l'inverse des religions juive, protestante ou musulmane croit à l'efficacité des messes célébrées pour le repos des défunts. Vaines demandes.

À la sortie des souverains, la foule, massée derrière les traditionnelles barrières de protection, fait une salve d'honneur au couple royal; Felipe et Letizia adressent alors au public quelques signes discrets. L'heure est d'abord à la peine. Et à la compassion.