Elodie Bouchez a tiré 6 numéros au hasard dans une grille de 49, chacun correspondant à une question.

2. Avez-vous déjà tout plaqué par amour?

J'avoue que je n'en ai jamais eu l'occasion. Je pense qu'il faut vraiment que cela en vaille la peine, que l'amour soit plus fort que tout. Un de mes livres de chevet est L'Eveil, de Kate Chopin, publié à la fin du XIXe siècle. Par amour, une femme de La Nouvelle-Orléans renonce à sa vie, à ses privilèges, à sa réputation -une grande preuve de courage, selon moi. Ce personnage trop indépendant pour l'époque mettra d'ailleurs un terme à la carrière de cette auteur magnifique.

22. Vous avez plus d'amis garçons ou plus d'amies filles?

Sans doute plus d'amies filles. J'aime leur compagnie. J'aime refaire le monde avec elles, essayer de comprendre ce qui nous arrive, se tirer le yi-king, décortiquer nos horoscopes, passer des nuits blanches à danser, à fumer des clopes et à regarder des films. Les filles sont folles, viscérales, exaltées, romantiques et entières.

5. Plutôt abdos-fessiers ou carrément yoga?

Pour que l'esprit fonctionne correctement, le corps doit être en mouvement tant qu'il le peut encore! Alors oui: yoga, danse, barre au sol.

9. Si vous étiez quelqu'un d'autre, ce serait...

Pina Bausch, pour connaître cette sensation de faire passer tant d'émotions par le corps.

10. Une chanson d'amour est-elle forcément triste? Ou gaie?

Triste ou gaie, peu importe. Une chanson d'amour, si elle est réussie, vous plonge dans l'émotion amoureuse, l'exaltation, le sourire, l'invincibilité. N'importe quel morceau peut devenir une chanson d'amour en souvenir d'une histoire d'amour. Mes préférées sont I Want You (Elvis Costello), Volver a los 17 (Violeta Parra), There Is a Light That Never Goes Out (The Smiths)...

3. Dites-nous ce que vos parents vous ont transmis et dont vous êtes fière.

L'intégrité, le courage, la fantaisie.

Et la question subsidiaire... selon André Breton, "c'est peut-être l'enfance qui approche le plus de la "vraie vie""?

"Vivant très proche du fantasme, l'enfance parle d'or...", disait Roger Vitrac. Je suis en plein dans le sujet avec Victor ou les enfants au pouvoir, une pièce de 1928 à l'esprit d'anarchie profonde mise en scène par Emmanuel Demarcy-Mota. Jamais l'adultère n'avait été perçu au théâtre à travers la souffrance d'un enfant. Victor, au fil des actes, fera imploser tout autour de lui. Les enfants sont des joyaux totalement explosifs.

Victor ou les enfants au pouvoir au théâtre de la Ville, Paris (IVe), jusqu'au 24 mars. 01 42 74 22 77.