4/ Quel film a changé votre vie?
Il y en a plusieurs, même si j'ai été extrêmement touchée par le cinéma néoréaliste italien. J'adore Pasolini, la folie de Fellini... Et tous les réalisateurs de films populaires exigeants. Si on évoque ma carrière, je répondrai: tous. Ce qui m'intéresse, c'est le moment où la mémoire des personnages rejoint la mienne. A ce moment-là, on est vraiment présent à l'écran. C'est le plus important.
17/ Un film dont vous auriez aimé être l'héroïne?
J'ai déjà été très gâtée avec les personnages de Simone de Beauvoir, Juliette Gréco et Coco Chanel.
3/ Peut-on rejouer avec un ex?
Evidemment! Samuel [NDLR: Benchetrit, le père de sa fille Saül] est un artiste, tout comme moi. Nous laissons le reste de côté. Quand on a aimé, je ne vois pas pourquoi l'amour se transformerait en haine. Il faut résoudre ses problèmes d'ego.
8/ Si vous étiez quelqu'un d'autre, vous seriez...
Une funambule. J'ai eu la chance de découvrir cette discipline en participant à un gala de l'Union des artistes. J'ai réussi à marcher à 4 mètres du sol sans soutien. Ça demande de l'agilité et une extrême concentration, j'ai adoré! Et le fait d'avancer sur un câble, quelle jolie métaphore! Finalement, tout tient à un fil.
26/ Votre plus grande honte?
Enfant, je suis allée à l'école en oubliant de mettre ma petite culotte sous ma jupe. Evidemment, la rumeur a fait le tour de la classe. Je me souviens d'avoir rougi et, en même temps, ce n'était pas désagréable!
22/ Plutôt des amis garçons ou des amies filles?
Mes amitiés ont évolué avec le temps. Aujourd'hui, j'ai beaucoup d'amies mais, plus jeune, j'étais souvent entourée de garçons. Pendant longtemps, j'ai voulu en être un. Mon regard a changé quand j'ai appris que j'étais enceinte d'une petite fille. Mais j'aime les êtres, en général, ce n'est pas une question de genre.
18/ Qu'est-ce qui vous fait fuir chez un homme?
Les tongs, c'est le comble du mauvais goût. Pourquoi se négliger sous prétexte de confort? D'ailleurs, je suis incapable de marcher avec. Et je n'aime pas leur bruit. [Elle mime avec sa bouche.] Schlak! Schlak!
47/ Un paysage qui suscite le rêve?
La baie des Singes, à Marseille. C'est mon bout du monde. Une lumière extraordinaire se reflète sur cette pierre blanche. J'y vais le plus souvent possible, avec ma fille. J'apprécie cette ville qui va jusqu'à la mer avec son Vieu-Port et ses vestiges. La route des Crêtes jusqu'à La Ciotat est sublime.
La question complémentaire
Vous jouez Mona, qui arrive au bout de sa vie. Comment sort-on d'un rôle comme celui-là, particulièrement rugueux et douloureux?
Facilement, car il était nécessaire de m'en échapper. Y entrer n'a pas été difficile non plus, car j'avais une envie folle de le tourner. Samuel n'avait que très peu de budget, parfois je portais les caisses, mais on a travaillé avec un enthousiasme et un courage phénoménaux. Et puis, le thème de l'euthanasie m'interpellait, je me suis longuement documentée sur le sujet.