Champignon magique
Des panneaux décoratifs et des revêtements de sol résilients constitués de champignons ? C'est la prouesse de Mogu. Installée en Italie, la start-up a développé une technologie à partir de mycélium pour produire des matériaux haut de gamme et isolants. Après ses débuts dans l'architecture d'intérieur de luxe et des années de R & D , la jeune pousse a enrichi son catalogue avec Ephea, un biomatériau ultra-flexible et zéro plastique. Séduit, Balenciaga a présenté un manteau long à base de ce composant lors de son défilé automne-hiver 2022. Une autre alternative au cuir animal.
Soie durable
Relancer la filière de la soie en France : telle est la mission de Sericyne. La jeune pousse développe une technique permettant aux vers à soie de fabriquer des formes en 2D et en 3D, de manière naturelle. Entre objets de décoration, flacons de parfum et autres projets dans l'univers de la cosmétique, la start-up fondée par Clara Hardy formée à l'Ecole Boulle travaille déjà avec plusieurs griffes, à l'instar de Guerlain ou de Foscarini, et de Diane de Kergal, architecte d'intérieur et designer. Après une levée de fonds de 300 000 euros en 2022, l'équipe installée dans les Cévennes, berceau de la soie française, continue son expansion. Prochain projet cet automne : le lancement d'une première collection en nom propre. Des luminaires délicats déjà plébiscités par les architectes.
Cuir en éprouvette
Société de biotechnologie californienne, VitroLabs a levé 46 millions de dollars au printemps pour développer la première production mondiale de cuir cultivé à partir de cellules souches. "Nous préservons les caractéristiques biologiques du cuir que les artisans, les industriels et les consommateurs apprécient. Notre processus de fabrication élimine dans le même temps les aspects les plus néfastes, sur les plans environnemental et éthique, de celui du cuir conventionnel", souligne Ingvar Helgason, PDG et cofondateur. Le groupe Kering et Leonardo DiCaprio comptent parmi ses partenaires.
Des fibres microbiennes
Un tissu à base de micro-organismes ? C'est le pari remporté par Spiber. Pour obtenir ce nouveau matériau baptisé Brewed ProteinTM, l'entreprise japonaise a modélisé des acides aminés par ordinateur, qu'elle transfère dans des cellules. Ces micro-organismes sont ensuite nourris de sucre et de minéraux dans des fermenteurs gigantesques pour se multiplier. Les bactéries ainsi obtenues sont extraites sous forme de poudre puis purifiées pour former les fils de soie. Ce matériau, qui ne dépend pas des énergies fossiles, a séduit nombre de grands noms de la mode. Il a déjà été utilisé pour une ligne de parka avec The North Face, un pull avec Goldwin, ou encore la collection automne-hiver 2022-2023 présentée à Paris par Yuima Nakazato.
Un zeste de tissu
C'est en observant les milliers de tonnes de déchets quitter chaque jour les usines de jus de fruits de Sicile qu'Enrica Arena a eu l'idée révolutionnaire de valoriser les épluchures d'agrumes pour en faire des vêtements. Une solution circulaire à la fin de vie de plus de 700 000 tonnes d'écorces jetées chaque année en Italie (15 millions dans le monde). "Désormais, la tenue écoresponsable est aussi indispensable au dressing que la petite robe noire. Les consommateurs se soucient du bilan carbone de leur garde-robe", analyse Enrica Arena. La start-up italienne collabore déjà avec E. Marinella et Salvatore Ferragamo.
