"Les tatouages sont là dès ta naissance et ils ne se révèlent que bien plus tard, si on veut bien les laisser sortir." Je crois à cette maxime, comme je crois en d'autres choses. Pour moi, il y a eu un avant et un après tattoo...
Un jour de soleil a Antibes, je passe devant une boutique avec le mot "tatouage artistique". Je ne me souviens ni du jour, ni de l'année. J'avais juste une idée de ce que je voulais faire, le logo de Superman sur le haut du bras droit. Bêtement, je pensais que le motif serait dessiné a même ma peau. Non, il fallait un modèle. Je suis donc parti acheter une figurine dans un magasin tout proche et à l'aide d'une photocopieuse, le stencil était prêt.
Une grosse demi-heure plus tard, j'avais mon premier tattoo. Moi, le petit gars de 45 kilos pour 1m70, je me sentais hyper puissant. J'avais même l'impression de faire partie d'une caste. Pour la première fois, ce petit corps malingre et mal fichu me semblait beau. Ensuite, les tatouages se sont multipliés. Certains sont des hommages tandis que d'autres sont purement décoratifs. J'ai commencé à en avoir partout (bras, torse, épaules, mollets...) et les pièces sont devenues de plus en plus grosses. On dit que le corps est un temple. Certains entretiennent ce corps, moi je le décore.
Libellules, fleurs de cerisier, dragon, rocher, vent, eau, un monstre balinais, bientôt un raton laveur.... Pour ce projet personnel, j'ai passé une centaine d'heures sous les aiguilles et plusieurs après-midi sous la douleur. En ce moment, mon corps est en période de latence. J'attends la naissance de ma fille pour retrouver la douceur des aiguilles.
