Avez-vous les moyens de mieux faire cette année à Pékin?Aujourd'hui, cette équipe est arrivée à maturité. On ne peut pas avoir meilleure équipe si elle arrive au complet aux Jeux. Autant sur le plan technique, tactique, la diversité des joueurs aux postes, du changement de la qualité du jeu d'attaque, les améliorations sur montée de balle. Cette équipe est vraiment prête à affronter les meilleurs et gagner (...) Aujourd'hui, on est capable de mal jouer mais de gagner les matches, c'est quelque chose qu'on n'était pas capable de faire à une époque. Chacun a trouvé sa place aussi, c'est important. Devant la pléiade de bons joueurs, chacun accepte son rôle, le fait de beaucoup jouer à des moments, moins jouer à d'autres (...) Aujourd'hui il y a vraiment une osmose dans l'équipe, chacun sait le rôle qu'il a à jouer pour apporter le petit plus dont cette équipe a besoin pour aller chercher des médailles.

Avec le recul, comment analysez-vous votre défaite aux JO-2004?En 2004, on a l'équipe, on a tout pour gagner. C'est plutôt le scénario catastrophe. On rentre dans la compétition de la manière qu'il faut, on rencontre des Russes auxquels on a mis dix buts trois semaines avant, peut-être qu'on s'est vus trop beaux, on s'est vu en demi-finale avant de jouer ce match-là (...) On avait fait un gros, gros échauffement avant le match, il s'avère que les Espagnols font une prolongation qui dure je ne sais pas combien de temps. Il y a eu 35 minutes entre le moment où on aurait dû rentrer sur le terrain et le moment on est vraiment rentrés (...) Au final, on tombe sur une équipe russe pas extraordinaire mais réaliste. Au fur et à mesure que les minutes passaient, on se crispait de plus en plus (...) On a la balle pour gagner le match, on n'est jamais arrivé à le tuer. On a plutôt couru derrière le score, un scénario auquel on ne s'attendait pas. A cette époque-là, on était capable du meilleur mais aussi capable du pire. Le pire est arrivé au plus mauvais moment, en quart de finale contre les Russes. Athènes, c'était vraiment une très, très grosse déception.

Comment vivez-vous le fait qu'il s'agisse de la dernière compétition de votre carrière?J'ai plutôt vécu le fait de ne pas avoir la possibilité d'y participer pendant le tournoi de qualification olympique (fin mai). Tous les jours -je n'en faisais pas part aux autres joueurs-, je me disais que c'était peut-être la dernière semaine que je mettais des baskets de sport. Ca met une bonne pression, que je ne connaissais pas, celle de se dire qu'il n'y a rien après (...) Je vais jouer cette compétition olympique, la jouer à fond mais je pense que je réaliserai le jour du dernier match. Ce jour-là, je saurai que c'est le dernier.