Christophe Barbier (directeur de la rédaction)
La note: 13/20. Une fois de plus, la Nouvelle-Zélande a gagné sans forcer et sans briller, face à une équipe d'Australie qui n'aura pas montré grand chose dans cette Coupe du Monde. On ne sait si les Blacks sont imbattables et accélèrent selon les performances de l'adversaire, ou s'ils sont fragiles et le cachent par la domination psychologique que leur confère leur statut de favori.Le top: La puissance de la mêlée des Blacks, qui permet d'offrir d'innombrables ballons d'attaque. Le flop: le but. Weepu n'est pas Carter, et les pénalités ratées sont trop nombreuses pour que les Blacks se contentent d'attendre les fautes de l'adversaire. Cela laisse un espoir aux Bleus, avec Parra et Yachvili, les deux meilleurs buteurs de la compétition avec Morgan Steyn.
Henri Haget (enquêtes)
La note: 16/20. Etait-ce réellement le même sport que la veille? Au bout de dix minutes, les All Blacks avaient franchi la ligne d'avantage autant de fois que les Français durant toute la Coupe du Monde. Le jeune Cruden a enfilé sans trembler le maillot de Dan Carter. Chaque intervention d'Israel Dagg est un coup de poignard. La question: les All Blacks seront-ils capables de réciter leur rugby à mille passes lors d'une finale attendue par tout un peuple depuis 1987 ?Le top: la générosité australienne. Contrairement aux autres équipe qui ne songent qu'à contrer les Blacks, les Wallabies ont tenté de surenchérir sur le registre du rugby total. Trop de plaquages manqués et deux piliers en mousse ont condamné leurs valeureuses ambitions. Le flop: Mr Joubert. Comme la plupart des arbitres, le Sud-Africain n'a pas arbitré les All Blacks comme les autres équipes. Sur chaque phase de jeu au sol, Richie McCaw bloque le porteur du ballon ou tombe délibérément dans le camp d'en-face. Ca ne dure qu'une petite seconde, mais c'est systématique et ça pourrit la plupart des initiatives adverses.
Eric Matton (directeur général adjoint)
La note: 12/20. Une énorme intensité des Blacks sur les 30 premières minutes bien aidés par un Quade Cooper en grand manque d'inspiration. Des le début de la seconde mi-temps, grâce a une pénalité, les Blacks en ont rajouté une couche en faisant gonfler le score. Si vous laissez les Blacks prendre le score des le début du match, vous êtes mort. Les Australiens en ont fait la cruelle expérience. Cette équipe de Nouvelle-Zélande est bonne mais prenable. Si les Bleus veulent gagner ils vont devoir mettre de l'intensité d'entrée de jeu, comme ils l'ont fait contre les Anglais.Le top: Jane formidable dans les airs, en attaque, en défense, il était partout. Dagg, auteur du seul essai, très impressionnant aussi. Le flop: le jeu australien, tellement encensé au début de la compétition et qui s'est fracassé sur le mur noir. Quade Cooper qui a fait déjouer son équipe des le début du match. Une mêlée aux abonnés absents, les Anglais disent "no scrum no win", les Australiens l'ont une nouvelle fois vérifié.
Eric Libiot (culture)
La note: 13/20. Un match de rentre dedans, physique, dense, féroce, sans coups de génie ni grandes phases de jeu lancé mais le résultat est là. Les Blacks ont joué un rugby de base. Peu de fautes, contrôle du terrain, mains sur le ballon. Pas compliqué.Le top: La maîtrise des Blacks. Jamais les néo-zélandais n'ont tremblé. Ils ont maitrisé le score, le chrono et le jeu de A à Z et du début à la fin. C'est la grande différence avec les Bleus. Les Blacks sont présent partout, rapides quand il faut, défenseurs quand nécessaire, relanceurs parfois, présents à tous les points d'impact. Sans doute n'est-ce pas la grande équipe des Blacks d'il y a quelques années qui a inventé le rugby total mais ils sont là et gagneront la coupe du monde. Ils la méritent. Le flop: l'attaque australienne incapable de jouer, d'inventer, de relancer. Evidemment il y avait du béton en face mais tout de même... Quand une équipe est aussi faible en mêlée, elle ne peut être conquérante derrière.
