Le football russe traverse une passe difficile. Alors que son équipe nationale a été éliminée samedi de la Coupe des confédérations dont elle est le pays-hôte, 34 de ses joueurs seraient sous le coup d'une enquête de la Fifa selon les informations révélées dimanche par The Mail on Sunday. L'hebdomadaire britannique assure qu'ils font partie d'une liste de 1000 sportifs suspectés de dopage établie par le juriste canadien Richard McLaren pour l'Agence mondiale antidopage (AMA).

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Sur ces 34 joueurs, 23 auraient disputé le Mondial 2014 au Brésil et 5 d'entre eux auraient participé à la dernière Coupe des confédérations. En juillet dernier, Richard McLaren avait déjà mis en évidence, dans le rapport qui porte son nom, onze cas de dopage de footballeurs russes dissimulés par les autorités du pays avec la complicité de leurs services secrets et de l'ancien ministre des Sports Vitali Moutko. Aujourd'hui vice-Premier ministre, il réfute en bloc les accusations lancées par The Mail on Sunday.

Des mails compromettants

"Il n'y a jamais eu et il n'y aura jamais de problème de dopage dans notre football. Les joueurs de notre équipe sont régulièrement soumis à des tests. Ne prenez pas la peine de lire les journaux britanniques ce matin (dimanche). Ils ont écrit une sorte de non-sens", a déclaré Vitali Moutko, également président de la Fédération russe de football, à l'agence de presse russe TASS. De son côté, la Fifa a démenti dans un communiqué toute suspicion de dopage des footballeurs russes ayant disputé la Coupe du monde au Brésil, qui avaient été éliminés au premier tour.

"La Fifa était en charge des tests et tous les échantillons ont été envoyés et analysés par le laboratoire accrédité par l'AMA à Lausanne. La même procédure est appliquée pour la Coupe des confédérations en cours, où tous les tests effectués jusqu'à présent se sont révélés négatifs", a précisé la plus haute instance du football, qui aurait en sa possession la liste des 1000 noms selon The Mail on Sunday et des mails compromettants adressés à Grigory Rodchenkov, ancien directeur du laboratoire antidopage de Moscou.

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Dans ces courriels, la marche à suivre pour effacer des traces de stéroïdes serait notamment détaillée, tout comme les procédures pour remplacer des échantillons d'urine contenant des produits dopants par de l'urine "propre". Désormais installé aux Etats-Unis, Grigory Rodchenkov avait affirmé en mai 2016 au New York Times que des athlètes russes avaient bénéficié durant les Jeux olympique d'hiver de 2014 d'un système de dopage entièrement supervisé par Moscou.