Que pensez-vous de la soudaine crise de conscience de Landis?Pierre Ballester: Aujourd'hui, Landis est au rebut du peloton. Il n'a peut-être pas supporté de voir Armstrong sous la lumière des médias américains, puisque le septuple vainqueur du Tour de France court actuellement le Tour de Californie dans un grand tintamarre promotionnel.Les aveux de Landis sont très surprenants car il a tout de même dépensé 2 millions de dollars en frais de justice pour assurer sa défense après sa destitution dans le Tour 2006, en niant farouchement s'être dopé. Pour ce faire, il s'était beaucoup rapproché d'Armstrong, dont il est un ancien équipier, et ce sont les avocats de ce dernier qui l'ont aidé à bâtir son argumentaire.

Quelles peuvent être les conséquences de ces révélations pour Lance Armstrong?Armstrong n'a rien à craindre. Il bénéficie de la connivence des institutions internationales du cyclisme et il s'est bâti une image d'intouchable avec sa fondation pour la lutte contre le cancer. Aux Etats-Unis, la perception du public vis à vis des affaires de dopage est très différente de la notre. Dans le football américain, le base-ball ou le hockey sur glace, le recours aux pratiques dopantes est quasiment légitimé. Là-bas, Armstrong est une icône indéboulonnable.

Sera-t-il, encore, le bienvenu sur le Tour de France? Il n'y a aucune raison pour que cela change. Ce sont les organisateurs du Tour qui, en toute connaissance de cause, l'ont réhabilité et même adoubé en l'acceptant de nouveau au départ de l'épreuve, l'an dernier, à des seules fins commerciales. C'est une date importante car il s'agissait là du stade ultime de la résignation et de la capitulation face au dopage. Dans ce milieu, personne n'a interêt à pédaler en sens inverse du buisness.