Un love inscrit dans le creux de la main, des photos dénudées répandues sur Internet, un cliché d'une pseudo Laure en Une de L'Equipe. Depuis dix ans, les Français ont vécu avec les Manaudou, partagé leur album de famille et tous leurs moments, des plus joyeux au plus honteux.

Il y avait bien sûr la grande soeur, dont les hoquets de la vie permettaient d'alimenter mois après mois le roman-photo, mais aussi les frères Nicolas et Florent. Le premier l'avait recueilli en septembre 2007 après une aventure italienne terminée par un licenciement. Le second s'est lancé dans le grand bain du haut-niveau. Une saga familiale, qui devait trouver son épilogue aux Jeux de Londres où Laure et Florent étaient tous les deux qualifiés.

"Qui devait", car finalement, rien ne s'est déroulé ainsi. Dès sa première course, Laure a montré les limites de sa préparation olympique. Dernier temps de sa série sur 100m dos, elle a été éliminée sans gloire. Cette sortie n'a surpris personne, mais le silence dans lequel elle s'est jouée est plus intrigant. L'ancienne championne elle-même n'a versé aucune larme, se contenant de souligner qu'elle ne venait pas là pour jouer une médaille. Les médias n'ont pas alimenté le suspense d'un éventuel exploit sportif. Et Laure a regagné en silence sa place en tribunes où elle a sans réserve encouragé les nouveaux champions de l'équipe France.

Rebelote ce jeudi, une nouvelle fois éliminée en séries du 200m dos, jadis son royaume. Et toujours en dernière place. Cette fois-ci, la très probable fin de sa carrière sportive n'eut même pas droit au direct sur France Télévisions. Coincée entre les handballeurs français et la judokate Audrey Tcheuméo, l'ancienne championne s'est éclipsée sur la pointe des pieds. Ne reste plus que le 4x100m 4 nages pour sauver l'honneur.

Avant cela la saga Manaudou est déjà devenu un roman historique, rangé au rayon du passé. Le petit-frère aurait pu reprendre la PME familial, mais il n'est pas de la même trempe. Il s'est certes qualifié pour les demi-finales du 50m nage libre ce jeudi matin, mais personne ne pense qu'il pourra monter sur le podium au vu de ses performances dans les grands championnats. Il n'a pas le même talent, il n'a surtout pas le même caractère. Plus discret, il ne commettra pas les mêmes excès que sa soeur, d'autant qu'il fut aux premières loges pour observer les dégâts que cela cause.

Il poursuivra donc son chemin de nageur moyen. S'éteindra ensuite le feuilleton des Manaudou.

Sauf si, comme dans toutes séries américaines, on décide dans 15 ans de ressuciter la licence. Le 2 avril 2010 est née Manon, fille de Laure et Frédérick Bousquet, deux grands nageurs. Alors...