Après des échanges tendus, Roxana Maracineaunu et Noël Le Graët ont trouvé un point d'entente. La ministre des Sports et le président de la Fédération française de football "partagent le principe d'une action qui doit être aussi résolue qu'adaptée et pragmatique" sur la question des insultes homophobes dans les stades, ont-ils affirmé ce mercredi dans un communiqué commun.

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Dans ce texte commun, ils disent faire "confiance au discernement des arbitres et des commissions de discipline" de la Ligue et de la Fédération et "invitent les associations de supporters et les clubs à s'unir pour construire ensemble une démarche pédagogique impliquant tous les acteurs, et lutter solidairement contre toutes les formes de discrimination en faveur du respect et du vivre ensemble".

"Que les politiques nous fassent confiance"

Plus tôt dans la journée, le directeur général dela Ligue de football professionnelle (LFP), Didier Quillot, a demandé aux politiques de leur faire confiance à l'issue d'une réunion avec des représentants des supporteurs et des associations qui luttent contre l'homophobie. "Il faut que les politiques nous fassent confiance et nous laissent travailler".

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La présidente de la LFP, Nathalie Boy de la Tour, a elle aussi insisté sur la confiance à accorder aux différents acteurs : "Je fais confiance aux supporteurs, aux référents supporters, aux présidents de club et aux acteurs du foot pour trouver ensemble le chemin qui nous permettra de sortir grandis et plus unis face à cette situation."

"Longtemps on a toléré certains chants dans les stades, aujourd'hui la société ne les accepte plus", avait-elle déclaré en préambule de son intervention. La présidente de la LFP a proposé que ce dialogue se décline au "niveau local", entre associations de supporters et LGBT.

Les supporters posent leurs conditions

La veille, l'association des supporters (ANS) avait jugé "impensable (...) de travailler sur la lutte contre les discriminations qui résultent de l'homophobie sans recevoir au préalable des gages sur les travaux à mener contre les autres discriminations, celles que vivent les supporters tous les week-ends".

En filigrane, se pose la question de l'arrêt des matches, ou non, alors que se profile vendredi, samedi et dimanche un nouveau week-end de football en France. La prochaine journée de L1 qui s'annonce, de vendredi à dimanche, va permettre de mesurer le chemin qui reste à parcourir.