Il est sorti de sa réserve. Alors qu'il se tient habituellement à l'écart du débat politique, Zinedine Zidane a pris position dans le cadre du second tour de l'élection présidentielle en France qui opposera le 7 mai Marine Le Pen à Emmanuel Macron. L'entraîneur du Real Madrid a appelé vendredi à "éviter" le Front national. Une prise de parole rarissime de la part de l'ancien meneur de jeu de l'équipe de France. Retour sur les cinq fois où il s'est aventuré sur le terrain politique.

2002. Le second tour Chirac - Le Pen

La première prise de position politique de Zidane remonte au 29 avril 2002. À une semaine du second tour de l'élection présidentielle entre Jacques Chirac et Jean-Marie Le Pen, l'ex-numéro 5 madrilène sort de son silence pour dire "non" au Front national et appeler les Français à se rendre aux urnes.

"Quand on voit qu'il y a 30% d'abstention et qu'à l'arrivée ça fait un deuxième tour avec un tête-à-tête Chirac-l'autre, ce n'est pas possible. Ce n'est pas jouable. Je veux dire aux gens qu'il faut qu'ils votent. C'est très important. Il faut penser aux conséquences que ça peut avoir en votant pour un parti qui ne correspond pas du tout aux valeurs de la France", explique-t-il au micro de France Info.

2008. L'élection de Barack Obama

En décembre 2008, Zidane, qui a pris sa retraite deux ans plus tôt, profite d'un échange avec des lecteurs du Parisien pour revenir sur l'élection de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis. "En France, les gens ne sont pas prêts à élire un président noir. Quand on est issu de l'immigration, c'est plus facile de réussir en étant joueur ou rappeur", avance-t-il.

"Ce que je retiens de cette élection, c'est qu'il y a aujourd'hui un Noir à la Maison-Blanche. C'est la chose la plus extraordinaire. Après, il aura les mêmes difficultés que ses prédécesseurs et ce sera compliqué pour lui", confie l'ancien joueur de la Juventus Turin, né en 1972 à Marseille de parents immigrés algériens.

2012. La question des impôts

Il faut attendre quatre ans pour revoir Zidane aborder des thématiques politiques. Dans l'édition du 23 juin 2012 de M, le magazine du Monde, celui qui a porté le maillot des Bleus à 108 reprises donne son opinion sur l'une des mesures phares de François Hollande lors de la campagne présidentielle: imposer à 75% les revenus supérieurs à 1 million d'euros annuels.

Zinédine Zidane pose ici avec Didier Deschamps, Marcel Desailly, François Hollande, Thierry Henry, Noël Le Graët et Patrick Vieira, le 26 mars 2015 au Stade de France.

Zinédine Zidane pose ici avec Didier Deschamps, Marcel Desailly, François Hollande, Thierry Henry, Noël Le Graët et Patrick Vieira, le 26 mars 2015 au Stade de France.

© / afp.com/Franck Fife

Pour lui, il est "logique" de "demander de l'argent à ceux qui en ont". "Je n'ai jamais eu de problèmes avec le fait de payer des impôts, de reverser 50 centimes pour 1 euro gagné. Je ne vis pas en France mais je ne vis pas dans un paradis fiscal. Je vis en Espagne, je paye mes impôts comme tout le monde", précise-t-il.

2012. Le droit de vote des étrangers

Dans le portrait que lui consacre le magazine du Monde en juin 2012, Zidane se déclare par ailleurs favorable au droit de vote des étrangers aux élections locales. "On ne va pas faire dix minutes là-dessus mais pour vous répondre clairement: quelqu'un qui contribue, en payant ses impôts, à la vie active du pays a le droit de voter. C'est juste ce que je pense", confie Zidane, qui s'est installé sur le banc du Real en janvier 2016 après y avoir évolué comme joueur de 2001 à 2006.

Il explique également pourquoi il s'exprime très rarement sur les sujets politiques. "Bien sûr que je lis les journaux. Que je vote aux élections. Je crains juste la récupération. J'ai très souvent été sollicité. De toute part. Je ne veux surtout pas servir les intérêts des uns, des autres. Je suis libre. Libre comme l'air", assure-t-il.

2017. Le second tour Le Pen - Macron

Comme en 2002, Zidane prend position publiquement avant le second tour de la présidentielle. "Le message, c'est toujours le même, celui de 2002. Je suis loin de toutes ces idées-là, de ce Front national. Donc (il faut) éviter au maximum ça. Les extrêmes, ce n'est jamais bon", a-t-il déclaré en conférence de presse d'avant-match, la veille d'affronter Valence à l'occasion de la 35 journée de Liga.

Il y a 15 ans, Jean-Marie Le Pen avait répondu en expliquant que Zidane se faisait "manipuler par des gens qui se servent de (sa) notoriété."