Un Pau Gasol stratosphérique
Du haut de ses 35 ans, le meilleur joueur de l'histoire du basket espagnol a survolé la demi-finale de l'Euro 2015. Avec 40 points à lui seul (11 rebonds et 11 fautes provoquées), dont 18 entre le début du dernier quart-temps et la fin du match, le pivot des Chicago Bulls est la raison principale de la défaite des Bleus.
>> EuroBasket 2015: revivez la demi-finale France-Espagne minute par minute
Sa performance, encensée par la presse de son pays ce vendredi, a puisé sa motivation dans le traumatisme de la défaite face aux Français en quarts de "son" Mondial, à domicile il y a un an. "On voulait prendre notre revanche, on a pleuré après ce match, a-t-il rappelé. C'est au tour de la France."
Des gros ratés aux lancers francs
Outre le tsunami Pau Gasol, la grande maladresse des Français aux lancers francs participe également à l'explication de l'issue du match. Derrière le géant catalan, à 16/18 dans cet exercice (7/8 dans le 3e quart-temps), ses coéquipiers n'ont connu aucun raté (24/26, à 92% de réussite). Les Français, eux, n'en ont réussi que 10/17 (58,8%), un ratio famélique à ce niveau.
En prolongations, Tony Parker, qui avait déjà loupé un lancer franc (sur deux tentatives) dans le temps réglementaire, a manqué les deux siens. Boris Diaw a fait 1/2 dans la foulée. Et, alors qu'il était à 6/6, Nicolas Batum, qui avait arraché la prolongation d'un tir primé, en obtient trois pour revenir à 78-78 à 15 secondes de la fin. Pour autant d'échecs. Game over.
Un Tony Parker moins en vue
Quand Pau Gasol a été immense, Tony Parker a été quelconque. Un gouffre sépare les prestations des deux légendes, sur ce match comme sur cet Euro, leur dernier. C'est sur une perte de balle de TP, à 30 secondes de la fin, que l'Espagne repasse définitivement devant au score.
Deux lancers francs capitaux ratés, 4/17 au tir (1/4 à 3 points) et seulement 10 points au compteur: si la figure de proue des Bleus avait été un poil plus influent, l'issue du match aurait pu être tout autre. Mais la pression sur ses épaules était aussi écrasante que la défense acharnée des Espagnols sur sa personne.
Un arbitrage favorable à Gasol?
"En fin de 3e quart-temps, quand on a été très bons et qu'on avait pris 10 points d'avance, [les Espagnols] peuvent remercier tous les lancers francs qui leur ont été accordés généreusement et qui leur permettent de rester en vie, a plaidé le sélectionneur Vincent Collet après la défaite. Je considère qu'ils ont été aidés par l'arbitrage, qui les a maintenus en vie."
L'avis est partagé par ses joueurs. "On a fait un match extraordinaire avant que [les arbitres] ne protègent trop Pau Gasol, a abondé Nicolas Batum. Je n'aime pas parler de l'arbitrage, mais c'était quand même incroyable." Rudy Gobert a dit la même chose sur Twitter: "Difficile de jouer quand quelqu'un peut vous toucher [ce qui doit être sifflé comme faute, NDLR] sans pouvoir faire de même. C'est douloureux de perdre de cette façon, mais nous allons rebondir." Ce sera dimanche, à 14 heures, pour la médaille de bronze, face à la Serbie ou la Lituanie.