Le verdict est définitif. A l'issue d'un long parcours judiciaire, la Cour de cassation égyptienne a confirmé les peines de mort de dix supporters, cinq ans après les émeutes qui avaient fait 74 morts dans un stade de football de Port-Saïd.

Un procès de cinq ans

"Dans la torture et la douleur, j'ai attendu que justice soit faite, s'émeut Ahmed Mohamed, 59 ans, tenant à la main un portrait de Amr, mort à 26 ans. Dieu merci, le moment est venu où je peux dire que j'ai obtenu justice pour mon fils." A la sortie de la cour, une vingtaine d'autres proches de victimes ont laissé exploser leur joie, poussant des youyous et scandant "Dieu est le plus grand", tout en brandissant des photos de leurs enfants tués lors des émeutes.

Les peines confirmées ce lundi avaient été initialement prononcées en juin 2015, alors que le procès a commencé dès 2012. Deux membres de l'encadrement du club d'Al-Masry, qui recevait la rencontre qui a dégénéré, ont été condamnés à cinq ans de prison ferme. Comme deux hauts responsables de la police, accusés d'avoir facilité l'entrée de supporters armés et de les avoir laissé attaquer ceux de l'équipe adverse.

Huis clos pour toutes les rencontres du championnat égyptien

Les émeutes qui ont secoué Port-Saïd en 2012, à l'issue d'un match remporté par l'équipe locale, Al-Masry, contre les stars cairotes d'Al-Ahly, étaient les plus meurtrières qu'ait connu l'Egypte en marge de matchs de football. Pour éviter d'éventuelles nouvelles violences, le gouvernement avait imposé le huis clos pour toutes les rencontres du championnat égyptien.

En février 2015, alors que les autorités avaient de nouveau autorisé le public à assister à certains matchs, en nombre restreint, 19 supporters avaient été tués à l'entrée d'un stade du Caire. Selon de nombreux témoignages, les victimes avaient succombé dans une bousculade provoquée par les tirs intenses de grenades lacrymogènes.

Cet épisode avait poussé les autorités à rétablir de nouveau un huis clos dans tous les stades égyptiens pour les matches entre équipes locales. Cette mesure est toujours en vigueur aujourd'hui. En mai 2015, la justice a par ailleurs prononcé la dissolution des groupes ultras et proscrit leurs activités.