Les années dopage, c'est aussi eux. Le Néerlandais Hein Verbruggen, réputé proche de Lance Armstrong, a présidé l'Union cycliste internationale (UCI) de 1991 à 2005, avant que l'Irlandais Pat McQuaid ne lui succède jusqu'en 2013. Les deux dirigeants sont pointés du doigt par le rapport de 227 pages de la Commission indépendante (CIRC) mandaté il y a un an par leur successeur, Brian Cookson.

Bonne nouvelle pour eux: le rapport exclut que l'UCI se soit rendu coupable de corruption sous leur présidence. La CIRC fait également valoir que la fédération n'a pas empêché de contrôles antidopages. Elle considère cependant qu'il y a eu "traitement préférentiel" vis-à-vis de Lance Armstrong lorsqu'il aurait pu être inquiété pour dopage.

Contrôle positif couvert en 1999

Au Tour de France 1999, il est contrôlé positif aux corticoïdes, qui peuvent à cette époque bénéficier d'une autorisation thérapeutique. Sauf qu'Armstrong n'en a pas!

Pour éviter tout scandale avant son premier sacre, un an après l'affaire Festina, l'UCI laisse le Texan présenter une ordonnance antidatée. Cette partie du rapport n'est cependant pas un scoop. Lors de sa confession télévisée chez Oprah Winfrey, Armstrong a expliqué qu'Hein Verbruggen était directement intervenu pour le couvrir.

Le scandale du rapport Vrijman

Autre point accablant pour Hein Verbruggen : le rapport Vrijman, du nom d'un avocat néerlandais qui lui était proche, Emile Vrijman. Il a été commandé par l'UCI en réaction aux révélations par L'Equipe, qui révélait la prise d'EPO par Armstrong lors du Tour 1999. Révélations intervenues en 2005, juste après sa retraite et son 7e sacre. Le rapport avait - seulement - conclu, en 2006, que cette urine datant de 1999 n'avait pas été testée de façon appropriée.

La CIRC explique que le rapport d'Emile Vrijman - un avocat néerlandais proche de Verbruggen - visait seulement à aboutir à ces conclusions. Il pointe le fait que le nouveau président d'alors, Pat McQuaid, a demandé à la commission Vrijman de ne s'intéresser qu'à la régularité du test et non pas à la validité scientifique de son résultat. Pire: le rapport a pu être retouché par les avocats d'Armstrong, mis dans la boucle avant sa publication.

"Le business avant l'intégrité"

Sur la gestion du dopage, Pat McQuaid n'est mis à l'amende que lors de sa première année de présidence. La CIRC reconnaît que les années qui suivent sont "marquées par des améliorations constantes et une volonté croissante de lutte contre le dopage au niveau de ses racines".

Elle pointe cependant la complaisance de l'Irlandais lors du retour d'Armstrong à la compétition en 2009. Pour le Tour Down Under australien, le Texan a pu participer officiellement à la compétition avec quelques jours d'avance par rapport à ce que prévoit le règlement pour un tel retour.

Pourquoi tant d'arrangements? "Le style de management de Hein Verbruggen a conduit à des erreurs majeures. L'image et le business du sport étaient placés avant l'intégrité, la transparence et l'honnêteté du sport", a résumé Brian Cookson ce lundi. Il lui a par ailleurs demandé de démissionner de son poste de président honoraire de l'UCI, qui lui a donné le congrès de l'organisation en 2005.