C'est un été qui s'annonce ensoleillé et chaud sur le plan de la météo, au moins la semaine prochaine, voire la suivante. Côté transports, pas de nuage non plus à l'horizon concernant la fréquentation : les aéroports feront le plein, Air France anticipant notamment "une reprise forte" cet été. Après deux années marquées par la pandémie de Covid-19, la SNCF table elle aussi sur un "été record", le niveau de réservations dépassant fin juin de 10% celui, déjà record, de 2019 à la même date.
Pour la plateforme BlaBlaCar, l'activité de 2022 devrait se rapprocher de celle de 2019, avec 4,5 millions de voyageurs attendus cet été sur son réseau de covoiturage et de bus. Le numéro un européen des résidences de loisirs Pierre et Vacances prévoit de son côté "des taux d'occupation de plus de 90%", mieux qu'avant la crise.
Mais, pour autant, des mouvements de grève dans les transports ou encore des prix plus élevés que ces dernières années, particulièrement pour les locations de voiture, pourraient perturber les vacances. Mercredi 6 juillet, les quatre syndicats représentatifs de la SNCF - CGT, Unsa, SUD-Rail et CFDT - avaient appelé à faire grève pour réclamer des hausses de salaires face à une inflation galopante. Côté TGV, 3 trains sur 5 circulaient sur l'axe Est, 3 trains sur 4 sur les axes Nord et Atlantique et 4 trains sur 5 sur l'axe Sud-Est, selon SNCF Voyageurs. Le trafic local en Ile-de-France était également très perturbé. La direction a constaté un mouvement de grève "plus important" que ceux des derniers mois, avec 20% de grévistes au niveau national, mais 35 à 40% parmi les conducteurs.
Des perturbations dans des aéroports
Une autre grève, cette fois-ci dans les aéroports parisiens, se termine. Les employés des aéroports parisiens ont voté ce vendredi 8 juillet dans la matinée la levée de leur préavis de grève après avoir obtenu des revalorisations salariales. Le préavis de grève, qui avait été déposé jusqu'à dimanche soir, devait être formellement levé ce vendredi à 18 heures, selon le délégué syndical CGT, Daniel Bertone. La fin du conflit devrait donc permettre d'éviter des perturbations dans les aéroports de la région parisienne, qui attendent des dizaines de milliers de voyageurs en ce premier week-end de grands départs estivaux.
Des salariés du gestionnaire des aéroports parisiens, le groupe ADP, dont des pompiers, avaient fait grève le week-end dernier pour réclamer une revalorisation des salaires. Outre des retards, cela s'est traduit chaque jour par des dizaines d'annulations préventives de vols au départ ou à l'arrivée de CDG pour des raisons de sécurité : des pistes du premier aéroport français ont dû être fermées.
Mais un autre mouvement social aéroportuaire s'est fait jour ce vendredi, à Bordeaux-Mérignac où 50 vols ont dû être annulés. La grève pour des augmentations de salaires et une amélioration des conditions de travail est prévue jusqu'au lundi 11 juillet.
Interrogé par l'AFP, Jean-Pierre Mas, le président des Entreprises du voyage (agences de voyages), redoute "des problèmes épouvantables dans le transport aérien, de disponibilité, de régularité et d'attente dans les aéroports, à cause des grèves annoncées", mais aussi "du manque de personnel et du manque d'anticipation de la situation".
Des passagers privés de bagages
Les perturbations de vols constatées ces derniers jours ont entraîné des soucis pour les voyageurs en ce qui concerne leurs bagages. "Le réacheminement à destination de la totalité des bagages retardés prendra jusqu'à plusieurs jours", a souligné lundi la directrice générale d'Air France Anne Rigail dans un message aux clients. Elle a présenté ses "profondes et sincères excuses". Quelque 17 000 bagages étaient concernés. La situation découle des "mouvements sociaux qui ont très fortement perturbé le fonctionnement des trieurs bagages" vendredi 1er juillet à Roissy-Charles-de-Gaulle (CDG) a déclaré Anne Rigail.
ADP a reconnu que la grève avait affecté le tri des bagages, mais seulement à hauteur de 15 vols sur 1300 vendredi 1er juillet, soit 1500 bagages. Selon un porte-parole, c'est "un souci informatique au niveau des compagnies (qui) a causé le plus gros des dommages". Pour beaucoup de voyageurs, le problème, n'est toujours pas résolu une semaine plus tard. Depuis mardi soir, 10 000 bagages ont toutefois été renvoyés à leurs propriétaires, rapporte Le Figaro.
Les passagers privés de bagages à l'arrivée et ayant engagé des frais de première nécessité (vêtements, produits d'hygiène) peuvent en demander le remboursement à la compagnie. Si le bagage n'a pas été retrouvé sous 21 jours, son propriétaire peut être dédommagé jusqu'à quelque 1600 euros, justificatifs à l'appui, aux termes de la convention de Montréal régissant certains volets des voyages aériens.
Location de voitures : les prix flambent
Autre déconvenue, pour certains voyageurs : les tarifs des locations de voiture qui sont à des niveaux très élevés. Pour les réservations effectuées en mai et en juin 2022, en vue des vacances estivales, le prix moyen en France s'élevait à 494 euros par semaine, soit le double de 2019, précise Le Monde. "Du jamais-vu", estime Pierre Feisthauer, chargé de développement chez Carigami, un comparateur de prix spécialisé, interrogé par le quotidien. "On est dans une spirale qui dure depuis mai 2021 et qui n'a fait qu'empirer", explique-t-il. Dans un communiqué publié en mai, Carigami précisait que "la hausse attendue en France cet été des prix est, en moyenne, de + 41,3% par rapport à 2019", année de référence. L'augmentation est de 117% en trois ans à l'aéroport de Figari, en Corse, et de 107% à Nice (Alpes-Maritimes).
La situation actuelle s'explique par le Covid-19. Dans les premiers mois de la pandémie, en raison du confinement, les loueurs ont en effet réduit massivement leurs stocks de voitures, dans la mesure où l'immobilisation est coûteuse. Sans perspective claire sur l'évolution de la pandémie et avec des trésoreries limitées, après l'été 2020, les loueurs de voitures ont passé des commandes minimes pour l'année suivante.
A cela s'est ajoutée la pénurie de composants électroniques, essentiels aux moteurs, liée là encore à la pandémie de Covid-19 mais aussi à la guerre économique entre la Chine et les Etats-Unis. Cette crise provoque une forte baisse de la production de voitures neuves. Des 200 000 voitures livrées chaque année aux loueurs avant la pandémie, il ne devrait en rester que la moitié, mentionne Le Monde. Moins d'offres mais autant de demandes, résultat : les prix flambent et le pouvoir d'achat des vacanciers, lui, est en chute libre.
