Non, non et non! Pas question, pour le "collectif pour la prévention des toxicomanies" de cautionner les salles d'injection - que ce collectif persiste à nommer "salle de shoot" - que le gouvernement veut ouvrir d'ici l'été, à Paris notamment, comme cela existe déjà au Danemark. Il vient d'ailleurs d'envoyer un courrier au premier Ministre en ce sens dans lequel il lui demande solennellement de renoncer à ce projet, alors que la polémique bat son plein
Son président, le Pr Jean Constentin, pharmacologue au CHU de Rouen, s'interroge par exemple: "Comment un médecin peut-il assister à une overdose sans réagir?. Son vice-président, Henri Joyeux, professeur de cancérologie à l'Université de Montpellier ajoute qu'il faut "montrer les dents devant un projet intolérable pour les familles concernées", tout en se disant "sidéré que même le Conseil de l'Ordre des médecins soit assez sensible à des discours compassionnels visant à fournir une drogue "propre". Est-ce à cela que vont servir nos impôts?"
"Des voix discordantes"
Puis la parole est donnée aux familles et aux associations. Thérèse Hannier, pour "Phare enfant-parents" (à ne pas confondre avec l'association "Phare", représentée elle par Mme Roussel) affirme qu'il n'est pas facile de "faire entendre des voix discordantes" face à des pouvoirs publics dont, affirme-t-elle, "nous craignons de subir des représailles sur le plan financier en matière de subventions" - sans plus de détails. Mme Roussel parle même de "complaisance criminelle", d' "aliénation", devant "ce fléau qu'est la drogue, qui endort jusqu'à 10 heures du matin, vendue par des grands de 1 à des petits de 3".
On peut comprendre - et entendre - la détresse de ces mères confrontées aux drames consécutifs à l'irruption de la drogue dans une famille. Déplorer les ravages du crack chez un consommateur - et dans son entourage. Reconnaitre que certains produits de substitution à l'héroïne, le Subutex en particulier, sont effectivement parfois détournés de leur usage premier. Envisager un meilleur contrôle de la délivrance de ces médicaments. Admettre que la France est, en Europe, l'un des pays les plus touchés par l'usage massif et répété de cannabis et se demander pourquoi.
"On ne peut décrocher sans souffrance"
Pour autant, était-il nécessaire de tomber dans des discours exagérément alarmistes - comme celui du Pr Joyeux affirmant qu'il y a "un passage très rapide du cannabis aux drogues dures " ou que "les traitements contre le cancer ne "mordent" pas chez les toxicomanes"? Etait-il nécessaire, pour ces associations familiales, de mettre en avant le témoignage d'une ex toxicomane, prétendant qu' "on ne peut décrocher sans souffrance" et que la méthadone par exemple rendrait en quelque sorte les choses trop douces?
Fallait-il que cette femme fasse la promotion d'une association, Le Patriarche, où elle a été "emmenée de force par [ses] parents, ce dont [elle] les remercie"? Rappelons que cette association, fondée en 1974, a été dénoncée par un rapport parlementaire français comme sectaire. Et que son président fondateur, Lucien Engelmajer a été condamné en 2006 à 5 ans de prison par le tribunal de Toulouse. A trop vouloir prouver et dénoncer...