L'ouverture d'une salle de shoot à Paris, prévue pour novembre, une nouvelle fois reportée. Le Conseil d'Etat a recommandé au gouvernement d'inscrire le dispositif dans une loi. Les acteurs du dossier avaient estimé que cette expérimentation ne nécessitait pas de modifier la loi de 1970 relative à l'usage de stupéfiants.
Selon eux, un simple élargissement du décret de 2005 sur les centres d'accueil des toxicomanes était suffisant. Dans ces lieux, il est possible de distribuer des seringues sans être poursuivi pour facilitation de l'usage de drogue. Le gouvernement a indiqué ce jeudi qu'il comptait suivre les recommandations du Conseil d'Etat et donc ne pas toucher au décret de 2005.
Ouverture prévue en novembre dans le Xe arrondissement
Les porteurs du projet avaient obtenu en juillet l'aval de la mairie de Paris après que Matignon a donné son feu vert au début de l'année. "L'objectif précis [était] de réduire, pour tous, les risques de tous ordres liés aux consommations dites de rue, en considérant que ce n'est pas en niant les problèmes, en refusant de les voir, en les reléguant à la lisière de nos regards et de notre espace que nous les résoudrons", a rappelé ce jeudi la mairie de Paris dans un communiqué. Le but de cette expérimentation était double: évaluer les conséquences sur la santé pour les toxicomanes (meilleure prévention, baisse des risques d'overdoses ou d'infection) et réduire les nuisances pour le voisinage.
Mais l'annonce de l'ouverture de la salle a provoqué l'ire de l'opposition et d'une partie du voisinage. L'association "Parents contre la drogue" avait déposé ce recours devant le conseil d'Etat début juillet.
Un projet reporté au calendes grecques
Quel sera dès lors le calendrier? Impossible à dire. "Nous allons retravailler avec le ministère de la Santé", a affirmé Anne Hidalgo, première adjointe du maire de Paris Bertrand Delanoë, sur France Info. Une ouverture est-elle possible avant les municipales? "Je ne crois pas", a-t-elle répondu.
Le député PS Jean-Marie Le Guen, en pointe dans le combat, s'est dit prêt à défendre à l'Assemblée les adaptations législatives nécessaires au projet. Encore faut-il une réelle motivation du gouvernement sur ce dossier. "Le Conseil d'Etat recommande de passer par une loi, c'est un conseil qu'évidemment nous allons suivre", a indiqué Marisol Tourraine sans préciser de calendrier. Mais on dit la ministre de la Santé peu enthousiaste quant à la création de tels espaces.
