Ce sont des propriétaires en colère. Leur immeuble, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), est mondialement connu depuis l'assaut du Raid contre Abdelhamid Abaaoud, organisateur des attentats terroristes du 13 novembre 2015. Le bâtiment a été en partie détruit pendant l'intervention, puis il est devenu inaccessible à la suite d'un arrêté de péril imminent pris par la mairie. Les propriétaires n'ont pas été indemnisés. Un rendez-vous vient de leur être fixé, le 22 juillet, au ministère de la Justice.

Dans un courrier, la Chancellerie reconnaît qu'il lui appartient de "prendre en charge la réparation du préjudice anormal et spécial résultant de cette opération". Selon le défenseur des propriétaires, Me Abraham Johnson, le problème est pourtant loin d'être réglé. "Que l'Etat indemnise les dégâts, c'est tout à fait normal et prévu. Mais qu'en est-il du préjudice lié à la cessation d'activité des cinq commerces situés au rez-de-chaussée?" L'avocat redoute une action d'expropriation de la mairie dans le but de réaliser une fructueuse opération immobilière.