La rencontre se déroulera en toute discrétion. Le pape François doit recevoir le cardinal Philippe Barbarin, plus haut dignitaire catholique français, ce lundi matin au Vatican. Le primat des Gaules souhaite lui présenter sa démission après sa condamnation à six mois de prison avec sursis pour non dénonciation des abus sexuels d'un prêtre. La rencontre privée est prévue à 10 heures, prévue selon le diocèse de Lyon.
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Le pape argentin a longtemps pris personnellement la défense du cardinal français, notamment en 2016 lorsqu'il avait estimé qu'une démission avant l'issue d'un procès serait "un contresens, une imprudence". Il pourrait cependant se donner plusieurs semaines avant d'accepter ou non la démission. "Aucun abus ne doit jamais être couvert, comme ce fut le cas par le passé, et sous-évalué", avait lancé le pape fin février, après un sommet inédit sur les abus sexuels sur mineurs.
Six mois de prison avec sursis
Mgr Barbarin, 68 ans, un âge prématuré dans l'Eglise pour démissionner, a été condamné le 7 mars à six mois de prison avec sursis pour ses silences sur les agressions pédophiles imputées par des scouts au père Bernard Preynat, dont il fut prévenu par une victime en 2014.
Archevêque de Lyon depuis 2002, cardinal depuis 2003, Mgr Philippe Barbarin deviendrait "évêque émérite" de Lyon et resterait cardinal si sa démission était acceptée. Il perdrait cependant son statut de primat des Gaules.
Appel du cardinal Barbarin et du parquet
Le cardinal avait martelé durant le procès n'avoir "jamais cherché à cacher, encore moins à couvrir ces faits horribles". Mais le jugement l'accuse d'avoir choisi de ne rien dire aux autorités françaises "pour préserver l'institution" de l'Eglise, empêchant ainsi "la découverte de très nombreuses victimes d'abus sexuels par la justice".
Si Mgr Barbarin souhaite démissionner pour apaiser son diocèse, où sa présence est désormais difficilement tenable, il a en revanche fait appel du jugement. Et le parquet de Lyon, qui n'avait pas demandé de condamnation à son encontre, a précisé dimanche qu'il avait fait "appel incident" dans "le prolongement de l'appel" principal du cardinal.
