La défense de la laïcité, c'est son grand combat. Invitée sur France Inter ce mercredi matin, la philosophe Elisabeth Badinter s'est lancée dans un vibrant argumentaire sur les ondes de la radio publique, argumentaire développé à l'occasion du premier anniversaire - jeudi - de l'attentat sanglant qui a décimé la rédaction de Charlie Hebdo, le 7 janvier dernier.

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"Ne pas avoir peur de se faire traiter d'islamophobe"

"C'est affreux à dire [mais] les [attentats] de novembre ont donné au peuple français une espèce de retour à l'importance de la laïcité. Je pense que c'est une valeur qu'on nous envie beaucoup dans d'autres pays qui ne l'ont pas, notamment en Angleterre", assure-t-elle avant d'appeler à défendre la laïcité - abandonnée par la gauche, et défendue seulement par Marine Le Pen disait-elle en 2011 - quitte à faire des vagues. Elle sort alors une phrase choc: "Il ne faut pas avoir peur de se faire traiter d'islamophobe, qui a été pendant pas mal d'années le stop absolu, l'interdiction de parler... et presque la suspicion sur la laïcité. A partir du moment où les gens auront compris que c'est une arme contre la laïcité, peut-être qu'ils pourront laisser leur peur de côté pour dire les choses."

L'islamophobie: une notion qui renvoie souvent à l'extrême droite. Mais Elisabeth Badinter assume ses propos au nom de la défense de la laïcité. En appelant à combattre le racisme sous ses différentes formes, elle explique: "On ferme le bec de toute discussion sur l'islam en particulier ou d'autres religions avec la condamnation absolue que personne ne supporte: 'Vous êtes raciste ou vous êtes islamophobe, taisez-vous!' Et c'est cela que les gens ne supportent plus: la peur, pour des gens de bonne foi, qu'on puisse penser que vous êtes raciste ou anti-musulman fait que vous vous taisez. C'est la meilleure arme qu'on pouvait trouver à l'égard des gens de bonne foi."