Des salariés des garages de bennes à ordures et des centres de stockage des déchets de la Ville de Paris, opposés à la réforme des retraites, ont de nouveau tenté ce lundi de bloquer plusieurs de leurs établissements avant d'être délogés par la police.

La préfecture de police a indiqué sur son compte Twitter que "l'intervention des policiers a permis de libérer les entrées et sorties des sites impactés". "Des actions, sans interpellation, ont eu lieu sur les cinq garages de la Ville de Paris où sont entreposées les bennes la nuit", a précisé Paul Simondon, en charge de la propreté à la Ville de Paris. "Aucun incident n'est à déplorer", a confirmé Régis Vicieli, secrétaire général du syndicat CGT du nettoiement de la Ville de Paris.

Rassemblement et barrage filtrant

Dans un communiqué, la CGT ainsi que plusieurs associations de défense des droits de l'Homme, ont cependant appelé à un rassemblement mardi à 13h30 devant le commissariat d'Aubervillers pour dénoncer "la répression policière", selon Natacha Pommet, secrétaire générale CGT de la fédération des services publics. Un délégué syndical CGT et une chercheuse du CNRS sont en effet convoqués ce jour-là au tribunal, après avoir été interpellés puis relâchés vendredi lors du blocage d'un garage à bennes.

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Les trois incinérateurs, qui servent au traitement des déchets de la Ville de Paris et ses alentours et qui avaient été arrêtés par les salariés grévistes, ont redémarré et "seront pleinement opérationnels d'ici mardi ou mercredi". Quatre sites de transfert (où transitent les déchets avant d'être traités) "sont également disponibles depuis (ce) lundi", a précisé Paul Simondon.

A Ivry-sur-Seine, les salariés ont cependant "négocié avec la police" la mise en place d'un "barrage filtrant", n'autorisant l'entrée ou la sortie que d'"une seule benne toutes les dix minutes", selon Régis Vicieli.

Les salariés des sites d'incinération des déchets de la région parisienne ont arrêté les fours le 23 janvier, perturbant fortement la collecte des ordures dans toute la région parisienne et la capitale. Une partie des éboueurs de la Ville de Paris sont également en grève depuis le début décembre. Ils étaient 5% jeudi dernier, journée de mobilisation nationale, (20% selon la CGT), et 3,5% le reste de la semaine dernière, comme ce lundi matin, selon Paul Simondon.

La préfecture de police a ordonné plusieurs réquisitions afin de redémarrer les fours notamment. Les éboueurs réclament le maintien de leurs conditions anticipées de départ à la retraite cinq ans avant la date légale, en raison de la pénibilité de leur métier.