OUI / "Garantir la sécurité et le bien-être des citoyens"
Par Matthieu Orphelin
Les Françaises et les Français le demandent. Les enquêtes d'opinion se suivent et convergent : une très large majorité d'entre eux y est favorable (de 69 % à 78 % selon les études). De plus, les trois quarts de ceux qui habitent à proximité d'une zone de chasse déclarent avoir déjà évité de se promener en forêt ou dans certaines zones par peur d'un accident de tir. Cela ne peut plus durer. Voilà pourquoi Yannick Jadot et les écologistes proposent d'encadrer la pratique de la chasse en y mettant fin les week-ends et pendant les vacances scolaires, comme cela existe déjà dans d'autres pays.
Tous nos compatriotes, de tout âge et où qu'ils habitent, devraient pouvoir profiter de la nature sans craindre pour leur sécurité. Partageons et facilitons l'accès à la nature ! Chacun a le droit de se balader, de courir ou de flâner, seul ou en famille, à pied ou à vélo, en forêt ou dans des champs, et nous en avons encore plus besoin après ces périodes de confinement. C'est bon pour la santé, pour le moral et pour entretenir nos liens avec la nature.
L'écologie que nous portons, c'est une écologie du vivre-ensemble, dans le respect des hommes et du vivant. Les chasseurs pourront pratiquer du lundi au vendredi hors vacances scolaires, afin de garantir la sécurité et le bien-être des citoyens tout en régulant les écosystèmes. Nous l'avons encore vu la semaine dernière, les accidents sont trop fréquents : un citoyen du Maine-et-Loire est décédé en Bretagne après avoir pris une balle perdue au volant de sa voiture, et plus de 400 personnes ont été tuées dans des accidents de chasse ces vingt dernières années.
Les Français soutiennent massivement cette mesure d'encadrement de la chasse. Nous la porterons, et nous mettrons par ailleurs fin aux pratiques cynégétiques cruelles, dont la chasse à courre, contraires au bien-être animal.
Matthieu Orphelin est député écologiste du Maine-et-Loire et porte-parole de Yannick Jadot pour la campagne présidentielle.
NON / "L'interdire, c'est interrompre la transmission"
Par Johanna Clermont
Dans la proposition bassement démagogique et hypocrite de Yannick Jadot, il y a trois aspects qui, chacun, démontrent qu'il manipule les Français pour, en fait, tuer la chasse. En invoquant l'argument selon lequel les accidents de chasse font peur aux Français qui ne pourraient plus se promener en forêt, il ment, cherche à attiser les peurs et oppose les gens les uns aux autres. L'Office national des forêts (ONF) compte 700 millions de visiteurs : tous ces promeneurs ne vont pas en forêt la peur au ventre. Prétendre que les accidents sont nombreux est un mensonge : une telle probabilité lors d'une promenade est de l'ordre de 1 sur 46 millions. La chasse se pratique en forêt et sur les terres agricoles, or celles-ci sont (respectivement) privées à 75 % et 100 %. Ce sont des endroits où les promeneurs n'ont pas à se trouver sans y être invités. Quant aux forêts domaniales, la chasse n'y est en général pas autorisée le dimanche. Dire qu'il y a un "accaparement" de ces terres est encore un mensonge.
C'est par ailleurs une mesure anticonstitutionnelle. Le droit de chasse est lié au droit de propriété ; il en est même un des attributs. Ce serait une atteinte à ce droit. Etrange de voir un homme de gauche s'attaquer à un acquis de la Révolution.
Interdire la chasse le week-end et pendant les vacances, c'est la tuer car 55 % des chasseurs sont des actifs. Ce sont les seuls moments où ils peuvent la pratiquer. C'est uniquement pendant ces périodes-là que grands-parents et parents peuvent initier les jeunes à la chasse. L'interdire, c'est interrompre la transmission. Ce serait d'autant plus une obstruction aux missions d'intérêt général de la chasse : qui régulerait le grand gibier qui ravage les cultures, qui paierait pour indemniser les agriculteurs ?
Johanna Clermont est une influenceuse pro-chasse, proche de Thierry Coste, lobbyiste chasseur et conseiller officieux d'Emmanuel Macron.
