Accusé d'avoir foncé en voiture sur des policiers lundi à Colombes (Hauts-de-Seine), Youssef T. a été mis en examen ce vendredi pour tentative d'assassinats "en relation avec une entreprise terroriste" et placé en détention provisoire, conformément aux réquisitions du parquet antiterroriste.

Selon des sources proches de l'enquête, ce Français de 29 ans animé par une idéologie anti-occidentale et ayant fait allégeance au groupe Etat islamique (EI) assume "totalement son acte" qu'il aurait commis seul.

Deux policiers attaqués

Lundi, vers 17 heures, au volant d'une BMW, cet homme inconnu des services antiterroristes avait violemment heurté deux motards de la police nationale qui contrôlaient une voiture, les blessant grièvement aux jambes, et a atteint plus légèrement un policier municipal. Les deux motards ont dû être hospitalisés mais leurs jours ne sont pas en danger. Youssef T. a été arrêté et placé en garde à vue dans la foulée.

Une lettre d'allégeance à l'EI ainsi qu'un couteau ont été retrouvés dans la voiture du suspect et le parquet national antiterroriste (Pnat) s'est saisi des faits mardi après qu'une expertise psychiatrique du suspect a écarté toute abolition ou altération de son discernement.

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Selon un communiqué du Pnat, le suspect expliquait vouloir se lancer "à corps perdu dans la bataille pour imposer la charia sur l'ensemble de la Terre". Selon une source proche de l'enquête, on retrouve dans "l'exploitation de ses supports numériques" saisis lors d'une perquisition "un intérêt pour l'Etat islamique ainsi que le terrorisme de manière générale."

Selon une autre source proche de l'enquête, "ce n'est pas un profil de déséquilibré" mais celui de quelqu'un de "très solitaire" qui "assume totalement son acte" et se considère comme un "guerrier" qui évite de cibler les "civils".

Pas fiché S

"En l'état, il semble avoir agi seul", selon l'une de ces sources. L'enquête préliminaire a notamment été ouverte "pour tentative d'assassinats sur personnes dépositaires de l'autorité publique en relation avec une entreprise terroriste".

Connu pour des "faits de droit commun anciens", Youssef T. avait fait l'objet d'un rappel à la loi pour outrage à agent en 2014, selon la procureure de Nanterre Catherine Denis, qui a mené les premières investigations avant la saisine du Pnat.

L'homme n'était "pas fiché S" pour radicalisation, selon le parquet antiterroriste. Les investigations sont coordonnées par la brigade criminelle, avec désormais le soutien de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

Alors que des photos du suspect en garde à vue ont été diffusées sur les réseaux sociaux, son avocat a indiqué porter plainte pour violation du secret de l'enquête, du droit à la présomption d'innocence et du droit au respect de la vie privée.