Des rassemblements féministes sont annoncés ce vendredi dans plusieurs villes de France contre le remaniement gouvernemental après les nominations de Gérald Darmanin, accusé de viol, au ministère de l'Intérieur, et d'Eric Dupond-Moretti, très critique envers le mouvement #MeToo, à la Justice. À Paris, la manifestation doit avoir lieu devant l'Hôtel de Ville à partir de 18 heures, à l'appel du comité féministe des étudiantes de l'Université de Paris-I, appuyé par le collectif #Noustoutes.

A Toulouse, environ 300 manifestants ont protesté ce vendredi. "Nous sommes là pour réclamer la démission d'une partie du gouvernement. Quand j'ai appris ces nominations, j'ai pleuré car j'ai moi-même été victime de viol, pour moi comme pour toutes les victimes, c'est une insulte", affirme, dans la foule massée devant le Palais de justice, Anouck Lagarrige, une salariée du secteur de la culture de 22 ans. "L'égalité hommes-femmes était supposée être un grand chantier du quinquennat, c'est complètement enterré", déplore-t-elle.

"Bienvenue au ministère du viol", "Violeurs en prison, pas au gouvernement", "Un violeur à l'Intérieur, un complice à la Justice": les panneaux brandis ne laissent aucun doute sur l'indignation des manifestants, en grande majorité des femmes, parmi lesquels aussi des militants d'Act Up.

Dès mardi, lors de la passation de pouvoir entre Christophe Castaner et Gérald Darmanin, des féministes avaient mené plusieurs actions coups de poing, scandant "Darmanin violeur" et brandissant des pancartes "Darmanin à l'Intérieur, vous vous torchez avec nos plaintes".

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À Lille, où une centaine de personnes s'étaient déjà mobilisées mardi soir sur la place de la République pour dénoncer le "remaniement de la honte", un nouveau rendez-vous est donné sur la Grand-Place pour demander la "démission" des deux ministres. D'autres rassemblements sont prévus devant les palais de justice de Marseille et Grenoble, place de l'Hôtel-de-Ville à Rennes, devant la préfecture à Angers, ainsi qu'à Nantes et Caen.

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Accusation de viol

Le nouveau ministre de l'Intérieur a dit jeudi "avoir le droit à la présomption d'innocence", soulignant "qu'il y a eu trois décisions de justice, deux enquêtes préliminaires ont été classées sans suite et un non-lieu rendu par deux juges d'instruction". Gérald Darmanin a été accusé en 2017 de viol par une femme, Sophie Patterson-Spatz, qui l'avait sollicité en 2009, lorsqu'il était chargé de mission au service des affaires juridiques de l'UMP (parti devenu LR), pour tenter de faire annuler une condamnation de 2004 pour chantage et appels malveillants contre un ex-compagnon.

Selon ses déclarations, Gérald Darmanin lui aurait fait miroiter son appui, et elle se serait sentie contrainte de "passer à la casserole". Gérald Darmanin a reconnu une relation sexuelle avec cette femme mais, selon lui, librement consentie. D'abord classée sans suite, la procédure a été relancée par la cour d'appel de Paris qui a demandé début juin de nouvelles investigations.

De son côté, Eric Dupond-Moretti avait notamment estimé en 2018 "que siffler une femme, ça devienne une infraction pénale, c'est ahurissant", en plein débat sur la création d'un délit d'outrage sexiste.