Un accord pour la reconstruction "durable" de Saint-Martin, ravagé par l'ouragan Irma, a été signé ce mardi entre l'État et la collectivité. Le texte prévoit notamment de renforcer les services de l'État sur place, de mettre en place une politique d'urbanisme "responsable et contrôlée", et améliorer la coopération franco-néerlandaise.
Cet accord, signé par le président de la collectivité de Saint-Martin, Daniel Gibbs, et la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, s'inspire d'un rapport du délégué Philippe Gustin, rendu public mardi lors du 4e comité interministériel à la reconstruction, à Matignon.
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"Cet accord, c'est une feuille de route qui donne à chacune des parties, État et collectivité, des missions complémentaires et fidèles à leurs compétences respectives", a salué la ministre des Outre-mer.
Co-construction d'une politique de l'urbanisme
Deux mois et demi après le passage du cyclone de catégorie 5 et de ses vents à plus de 350 km/h qui ont endommagé 95% du bâti et tué 11 personnes à Saint-Martin, ce rapport préconise de renforcer les services de l'Etat dans l'île pour "assurer un contrôle de légalité et des politiques publiques plus efficaces", notamment sur les questions d'emploi, d'eau, d'environnement et d'urbanisme.
Saint-Martin est devenu collectivité d'Outre-mer en 2007, ce qui lui a donné d'importants domaines de compétence. "La collectivité n'était peut-être pas complètement mûre pour le faire", a expliqué Philippe Gustin, rappelant que la collectivité ne dispose toujours pas de plan local d'urbanisme (PLU), pourtant de sa compétence.
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Point fort du rapport, la "co-construction d'une politique de l'urbanisme responsable et contrôlée", qui passera par "un diagnostic précis" du territoire, des équipements (réseaux d'eau, de téléphonie, d'électricité notamment), du bâti dégradé, de la situation des personnes sinistrées, et la mise en place d'"une nouvelle carte des aléas" dressée par l'Etat.
Réflexion sur le "modèle économique" de l'île
PhilippeGustin préconise aussi de "réviser les documents d'urbanismes locaux", de réaliser un "guide pratique et pédagogique pour la reconstruction", et de mettre en place "une stratégie conjointe de lutte contre les implantations illégales et une police de l'urbanisme et de la construction".
A plus long terme, il suggère d'engager "une réflexion sur le modèle économique" de l'île et le développement d'un "tourisme durable", avec le lancement d'un audit sur la situation économique et sociale de Saint-Martin, et une meilleure valorisation de l'offre touristique.
Enfin, Philippe Gustin revient sur le "nécessaire rééquilibrage" entre les parties française et néerlandaise de Saint-Martin, rappelant que la partie française servait jusque-là "d'amortisseur social" aux populations "qui travaillent du côté néerlandais mais viennent se faire soigner ou toucher le RSA coté français".
