La Nuit Debout fait du bruit. Des participants aux Nuit Debout de Dijon et Clermont-Ferrand se sont invités vendredi au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté pour les uns, au conseil municipal de la ville du Puy-de-Dôme pour les autres.

Les manifestants ont à chaque fois été évacués par la police. Un policier et des manifestants auraient été blessés à Clermont-Ferrand.

Opposition "bruyante" à la loi travail

A Dijon, peu avant 9h, au début d'une session publique de l'assemblée plénière du conseil régionale, "alors que la présidente débutait son discours introductif", les protestataires ont investi l'hémicycle du Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté "en manifestant bruyamment leur opposition à la loi El-Khomri et en revendiquant une prise de parole", a indiqué la région dans un communiqué.

La séance a été suspendue "une vingtaine de minutes" par sa présidente PS Marie-Guite Dufay, le temps pour la police d'évacuer les manifestants. "Cette intervention s'est déroulée dans le calme", a souligné la région. La séance a finalement pu démarrer avec une heure de retard, précise France 3 Bourgogne.

"Cette agitation, symbole de la déliquescence de la France de François Hollande, qui se dissout chaque jour sous nos yeux, est intolérable", a réagi dans un communiqué le conseiller régional LR de Saône-et-Loire, Gilles Platret, en qualifiant les protestataires de "bande d'excités" et en les associant au mouvement Nuit Debout.

Ambiance électrique au conseil municipal

A Clermont-Ferrand cette fois, en début de soirée, quelques militants ont également perturbé le conseil municipal. Ils demandaient le droit de rester sur la place de Jaude, alors que la police leur avait notifié leur évacuation prochaine et que des palettes avaient été confisquées, précise le quotidien régional La Montagne.

Le 11 avril, le maire socialiste de la ville Olivier Bianchi avait publié un tweet ironique: "Insomniaque depuis plus de vingt ans je passe mes #NuitsDebout et j'en fais pas tout un plat". Vendredi soir, le conseil s'est déroulé dans une ambiance électrique, plusieurs élus quittant les lieux, alors que le maire était aux prises à la fois avec les militants de Nuit Debout et certains membres de sa majorité.

Les militants ont finalement été évacués par la police, et la séance levée. Bilan des échauffourées, des gaz lacrymogènes, une interpellation et un policier blessé à la tête. "On constate plusieurs blessés dans nos rangs", indique pour sa part l'un des comptes Twitter se revendiquant de la Nuit Debout clermontoise.