L'occupation a été écourtée. Les étudiants et les militants du mouvement Nuit Debout qui occupaient l'Ecole des Beaux-Arts de Paris depuis jeudi soir ont été évacués ce samedi matin, a-t-on appris de source policière.

"Nous avons agi sur réquisition. Une trentaine de personnes ont été sorties du bâtiment, tout s'est passé dans le calme", a précisé cette source. Il n'y a pas eu d'interpellation. Contactée par l'AFP, la direction de l'école n'était pas disponible immédiatement.

Un lieu "hautement symbolique"

Dortoir, cantine, les quelques dizaines d'occupants s'étaient approprié un vaste bâtiment de l'école située à seulement quelques centaines de mètres de l'Assemblée nationale. Leur but était de "pérenniser l'occupation", selon un porte-parole du mouvement Nuit Debout interrogé vendredi par l'AFP.

"C'est un lieu de contestation contre la loi Travail, contre le 49-3 et contre les violences policières", a expliqué Quentin de la "commission presse" de Nuit Debout. L'École des Beaux-Arts, "c'est hautement symbolique parce que c'est un lieu qui a été occupé pendant mai 68. On va se servir du matériel des Beaux-Arts pour faire des affiches", comme ce fut le cas à l'époque, a-t-il ajouté.

Mercredi 11 mai, des enseignants de l'Ecole des Beaux Arts dénonçaient dans une tribune publiée dans le journal Le Monde l'évacuation "d'une rare violence", le 28 avril, du "château commun" édifié place de la République, à Paris. Une étudiante de l'établissement a porté plainte auprès de l'IGPN pour des violences subies ce soir-là qui lui ont valu 15 jours d'ITT.