Lorsque, voilà quelques mois, le constructeur automobile Volvo (l'un des emblèmes nationaux) est passé sous pavillon chinois, les Suédois n'en ont pas fait une maladie, pour une raison simple: habités par une grande confiance en eux, ils abordent la mondialisation avec sérénité.

"C'est vrai que nous vivons dans un pays très ouvert, capable de s'adapter assez vite aux changements", reconnaît l'élu de centre droit Anton Abele, dont le parcours témoigne à lui seul de cette flexibilité suédoise. En septembre 2010, ce Viking de 1,95 mètre est, en effet, devenu le plus jeune député du monde... à l'âge de 18 ans ! Et cela au sein d'un Parlement qui est, lui-même, l'un des plus juvéniles d'Europe. "Branchée sur la Toile, ma génération est très globalisée, poursuit cet homme tranquille qui a mené une bonne partie de sa campagne électorale à partir du réseau Facebook. En un seul clic, nous communiquons avec la planète entière."

Mais cette découverte n'est pas seulement virtuelle. "Nous voyageons davantage que nos parents", poursuit Anton Abele. En Suède, il est fréquent qu'après le lycée les jeunes travaillent six mois, pour, ensuite, aller découvrir le monde. "C'est sûr, pour voyager, notre pratique de l'anglais représente un gros avantage", conclut ce polyglotte, qui maîtrise l'anglais, l'allemand et le français. En Suède, l'apprentissage de la langue de Shakespeare commence vers l'âge de 7 ans. Et, dès 11 ans, les enfants la parlent correctement. Fin prêts pour relever le premier défi de la mondialisation : celui de la langue.