Le parquet de Vienne (Isère) a annoncé dimanche l'ouverture d'une enquête pour "menaces de mort par écrit et harcèlement électronique" après les réactions suscitées par une nouvelle vidéo polémique sur l'islam de l'adolescente iséroise Mila sur TikTok. Elle avait déjà été inquiétée en janvier pour une publication similaire.
Dimanche après-midi, son nom figurait en première place dans les tendances Twitter quelques heures après que la jeune fille s'en fût pris à ses détracteurs dans une vidéo en déclarant : "Et dernière chose, surveillez votre pote Allah, s'il vous plaît. Parce que mes doigts dans son trou du cul, j'les ai toujours pas sortis."
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Insultes, messages de haine et menaces de mort ont alors fusé sur Twitter, où l'Iséroise a aussi reçu de nombreux soutiens de personnalités dont celui de la ministre déléguée à la Citoyenneté Marlène Schiappa.
"Je réponds avec humour et pacifisme"
L'adolescente a réagi via un communiqué diffusé ce lundi soir sur Twitter. "J'ai donc tourné une vidéo qui, en réalité, dure plus d'une minute, dans laquelle j'ai parlé de manière constructive et posée. A la fin de celle-ci j'ai conclu de façon crue pour mieux rappeler que je ne renoncerai jamais, et surtout pas sous la contrainte, à ma liberté d'expression", justifie-t-elle à propos de sa dernière sortie sur TikTok.
Mila déplore la prise en compte d'un "extrait isolé" d'une vidéo où elle souhaitait répondre "avec humour et pacifisme à des offensives d'une violence inouïe". "Je tiens à rappeler que je n'ai rien contre les musulmans", ajoute-t-elle.
Dimanche, les "direct messages" (DM) de l'Iséroise demeuraient ouverts sur Twitter. Ce qui permettait l'envoi - le plus souvent anonyme - de milliers de messages de haine. Mila a décidé de les fermer ce lundi, tout en promettant "de [se] faire plus discrète sur les réseaux sociaux".
"Je garde espoir bien sûr qu'un jour, je n'aurais même plus à parler de cette triste histoire", conclut-elle.
"Elle vit comme les gens de Charlie Hebdo"
En attendant, selon son avocat Richard Malka - qui représente également Charlie Hebdo - Mila, vit à la manière du journal satirique : "bunkerisée".
"Vous pouvez imaginer comment elle va, sa vie a basculé, elle a 17 ans, elle vit comme les gens de Charlie Hebdo maintenant, bunkerisée, c'est insupportable !", a déclaré Me Malka, en marge du procès des attentats de janvier 2015. Il déplore les attaques subies par Mila, faisant parfois écho à l'actualité récente. "Il semble qu'il y ait une nouvelle mode qui est de menacer de "faire une Samuel Paty", a-t-il notamment commenté.
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Depuis janvier et le début des menaces contre l'adolescente, deux personnes ont été condamnées à des peines de prison pour des menaces de mort envers elle, dont une à Malte où elle était en séjour linguistique. D'autres sont mises en examen dans l'enquête sur les menaces de mort de janvier et la diffusion des coordonnées de Mila.
Cette nouvelle enquête a été "confiée en co-saisine à la division de lutte contre les crimes de haine de l'office central de lutte contre les crimes contre l'humanité, les génocides, les crimes de guerre et les crimes de haine, ainsi qu'à la section de recherche de la gendarmerie nationale de Grenoble", toujours selon le parquet. Les auteurs encourent jusqu'à 3 ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende.
