Les opposants à la loi Sécurité globale ont encore défilé samedi. Des manifestations marquées par "arrestations arbitraires", selon plusieurs associations et syndicats. Ailleurs dans le monde, les Etats-Unis s'apprêtent à vacciner en masse leur population, l'Allemagne s'engage avant Noël dans un confinement partiel pour lutter contre la pandémie, et un échec des négociations sur le Brexit se dessine de plus en plus... L'Express fait le point sur les principales informations à retenir du week-end.
De nouvelles manifestations dans toute la France
Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont défilé samedi pour la troisième semaine consécutive en France, sans incidents majeurs, pour dénoncer la très controversée proposition de loi Sécurité globale, à leurs yeux "liberticide", et le projet de loi du gouvernement sur le séparatisme.
Lancée par un collectif de syndicats, d'associations ou de mouvements de gauche, cette nouvelle journée de mobilisation s'est déroulée sous forte présence policière, notamment à Paris, pour éviter la répétition des incidents violents des précédents rassemblements. Ces manifestations ont réuni quelque 60 000 personnes dans tout le pays, selon les organisateurs, 26 417 selon le ministère de l'Intérieur.
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Plusieurs associations et syndicats ont dénoncé ce dimanche des "arrestations arbitraires" lors de la manifestation la veille contre la très controversée proposition de loi Sécurité globale à Paris, où près de 150 manifestants ont été interpellés. A Paris, parmi les 10.000 manifestants selon les organisateurs, moitié moins selon la police, 120 ont été placées en garde à vue dont au moins deux journalistes: un reporter du média QG et un autre du collectif Reporters en Colère (REC).
Les Etats-Unis vont vacciner en masse
Aux Etats-Unis, pays le plus touché en nombre de morts (297 843) comme de cas (plus de 16 millions), le vaccin anti-coronavirus Pfizer-BioNTech commence à être expédié, en caisses réfrigérées à -70°C, depuis l'usine Pfizer du Michigan vers des hôpitaux et d'autres sites pour être administré à partir de lundi à des millions d'Américains.
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"Les premières cargaisons arriveront lundi matin", a assuré le général Gus Perna, responsable de l'opération Warp Speed (vitesse de l'éclair) pour acheminer le vaccin, précisant des déclarations vendredi du président Donald Trump sur des premières vaccinations dans les 24 heures.
Les Etats-Unis ont été vendredi le sixième pays à approuver le vaccin de l'alliance américano-allemande, après le Royaume-Uni, le Canada, Bahreïn, l'Arabie saoudite et le Mexique. L'Agence européenne du médicament devrait rendre un avis d'ici fin décembre.
L'Allemagne confine partiellement
L'Allemagne, où la pandémie "est hors de contrôle" selon le dirigeant de la Bavière Markus Söder, a décrété ce dimanche un confinement partiel de mercredi jusqu'au 10 janvier, rappelant celui vécu au printemps lors de la première vague de Covid-19.
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Les commerces non-essentiels, écoles et crèches seront fermés, le télétravail privilégié et les contacts sociaux limités. Restaurants, bars, musées, théâtres et installations sportives sont déjà fermés depuis début novembre. "Nous sommes contraints d'agir et nous agissons maintenant", a déclaré la chancelière Angela Merkel.
Probable échec des négociations pour le Brexit
Le Premier ministre britannique Boris Johnson a prévenu ce dimanche qu'un échec des négociations commerciales post-Brexit avec l'Union européenne restait le scénario le "plus probable" malgré la décision du Royaume-Uni et de l'UE de poursuivre leurs discussions.
"Je dois répéter que la chose la plus probable maintenant est bien sûr que nous devons nous préparer à [un Brexit] aux conditions de l'Organisation mondiale du commerce", le 1er janvier, a déclaré le dirigeant conservateur à la télévision britannique.
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Sans accord commercial d'ici fin décembre, les échanges avec l'UE se feront, à partir du 1er janvier, selon les seules règles de l'OMC, synonymes de droits de douane ou de quotas, au risque d'un nouveau choc pour des économies déjà fragilisées par le coronavirus.
Les discussions butent sur trois sujets: l'accès des pêcheurs européens aux eaux britanniques, la manière de régler les différends dans le futur accord et surtout les conditions que les Européens exigent des Britanniques pour éviter toute concurrence déloyale.
Les 5 ans de l'Accord pour le Climat
Le 12 décembre 2015, les 195 délégations nationales présentes à la COP21 signaient l'Accord de Paris sur le climat. Cinq ans après, l'Accord de Paris a dû affronter bien des vents contraires, notamment avec la défection américaine sous la présidence de Donald Trump, puis avec la crise mondiale due à la pandémie de Covid-19, qui a mené au report de la COP26, initialement prévue ce mois-ci à Glasgow. Alors qu'un sommet virtuel sur le climat se tiendra samedi 12 décembre à Londres, jour anniversaire de l'Accord de Paris, le temps du bilan est venu.
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Un bilan jugé "assez faible" par François Gemenne, membre du GIEC et enseignant à Science Po. "L'Accord de Paris n'a pas infléchi notre trajectoire d'émissions de gaz à effet de serre. Les décisions politiques n'ont pas été à la hauteur. Seulement 10% des États signataires respectent l'Accord de Paris. C'est peu, d'autant qu'aucun pays de l'Union européenne n'en fait partie", note-t-il auprès de L'Express. Si l'on regarde les chiffres, les objectifs sont loin d'être atteints.
