Les Français pourront-ils passer les fêtes de fin d'année en famille, alors que le confinement est en vigueur dans tout le pays ? Noël ne sera en tout cas "pas une fête normale" cette année, en raison de la pandémie de Covid-19, avait prévenu le 1er novembre auprès du JDD le ministre de la Santé Olivier Véran. Mais il espère que les conditions permettront "aux familles de se retrouver". "L'objectif est que d'ici le 1er décembre on puisse alléger la contrainte pour que les courses de Noël puissent se dérouler normalement", affirme à l'AFP un cadre de la majorité, sous couvert d'anonymat.

Dimanche, Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement a tenté de rassurer les Français. "On ne veut pas d'un Noël en visio, on veut que les Français puissent fêter Noël le plus normalement possible. Si on prend des mesures difficiles aujourd'hui, c'est précisément pour ça", a-t-il affirmé lors de l'émission du Grand Rendez-vous d'Europe 1, CNews et Les Echos. Il est toutefois encore "très tôt pour proposer un assouplissement des règles", a-t-il déclaré ce mardi lors du compte-rendu du conseil des ministres.

Des précisions pourraient être apportées par le Premier ministre Jean Castex qui tiendra jeudi un point hebdomadaire sur la crise sanitaire. Malgré les incertitudes qui planent sur les fêtes de fin d'année, est-il toute de même possible de réserver ses prochaines vacances ?

Un assouplissement espéré

Un éventuel assouplissement du confinement est en tout cas espéré dans de nombreux secteurs avant Noël, en premier lieu les commerces non alimentaires, la restauration et l'hôtellerie, qui subissent de plein fouet le reconfinement, après celui du printemps.

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"On espère que les séjours pourront se dérouler normalement lors des vacances à Noël car pour nous c'est une part importante de l'activité. Noël représente entre 5 et 12 % du volume d'affaires selon les départements, ce n'est pas neutre", confie ainsi à L'Express Solange Escure, directrice générale des Gîtes de France.

Dans les stations de ski - pour lesquelles la période représente un fort pic d'activité - "on est prêt", assure à l'Express Laurent Duc, président de la branche hôtellerie de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (UMIH). En Auvergne-Rhône-Alpes, un département de la région a ainsi commandé 250 000 tests antigéniques afin de pouvoir dépister les vacanciers dans les stations.

Une limite du nombre de personnes ?

Si les hôtels, maisons familiales, auberges collectives, hébergements touristiques et autres hébergements de courte durée ont l'autorisation de rester ouverts pendant le reconfinement, des règles doivent néanmoins s'appliquer. Ainsi, "les hôtels peuvent conserver une activité" mais seulement "pour les déplacements professionnels indispensables" et "les restaurants de ces établissements sont fermés", précise le site du gouvernement. Aujourd'hui, 50 % des hôtels sont fermés, selon l'UMIH.

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Si pour les vacances, les hôtels peuvent rouvrir leur restaurant, ce qu'espère fortement Laurent Duc, "on respectera le protocole sanitaire à la lettre", assure-t-il. Avant le reconfinement, une jauge de six personnes avait été décrétée pour les rassemblements privés. On ignore encore si cette limite pourrait s'appliquer pour les vacances de Noël. Solange Escure précise que des restrictions ont concerné les gîtes de groupe ces dernières semaines, avant le confinement : dix personnes étaient ainsi autorisées au maximum, puis six, car le gîte de groupe "est un établissement recevant du public", contrairement à un gîte classique.

Pour les hôtels, s'il n'y a pas de limite de personnes dans les chambres, il pourrait y en avoir dans les salles, mais pour le moment, les restaurants sont de toute manière fermés. De plus, "il n'y a aucun hôtel qui affiche complet en ce moment", rappelle Laurent Duc.

Remboursements en cas de confinement prolongé

Au niveau des transports, le ministre délégué chargé des Transports Jean-Baptiste Djebbari ne s'est de son côté pas avancé sur les vacances de Noël, indiquant que l'offre de transports serait renforcée lors d'un déconfinement et que les billets seraient de toute façon remboursables. "A partir du moment où l'on déconfine, on augmentera l'offre de transport", a-t-il dit sur franceinfo vendredi dernier, interrogé sur une reprise du trafic ferroviaire à l'approche des vacances de Noël.

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Pour les gîtes et les hôtels, le remboursement est aussi prévu en cas de mesures sanitaires prolongées. "Nos clients nous posent des questions sur les annulations, raconte Solange Escure. Soit ils réservent maintenant et de toute façon ils seront remboursés si nous sommes toujours confinés pendant Noël, soit ils attendent les nouvelles informations du gouvernement pour réserver, si jamais ils sont très inquiets et qu'ils ne veulent pas verser d'acompte". A l'UMIH, on précise que lors des vacances d'été, l'incertitude régnait puisque les personnes réservaient trois jours avant leur départ, afin d'éviter tout risque d'annulation ou de remboursement. Là encore, "les gens réservent du jour au lendemain", affirme Laurent Duc.

Du côté d'Airbnb on précise que la politique de remboursement est valable seulement dans trois cas précis : si la réservation a été faite avant le 14 mars (trois jours avant le premier confinement), si la personne qui réserve est cas contact ou si elle est positive au Covid-19. Si le client ne se trouve dans aucune de ces situations, c'est la politique de remboursement de l'hôte qui s'applique, explique-t-on à L'Express. Cela peut aller d'une annulation possible 24 heures avant la date de réservation à une annulation cinq jours avant. Au bon vouloir du propriétaire des lieux.