Ne pas laisser la mobilisation s'essouffler pendant l'été tout en s'accordant une petite pause. C'est l'équation, compliquée, que tentent de résoudre les syndicats ce mardi, jour de la douzième et dernière manifestation contre la loi Travail avant la trêve estivale. Une manifestation qui tombe pile le jour où le texte revient, en deuxième lecture à l'Assemblée nationale, et où le gouvernement agite à nouveau la menace du 49-3.

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Pas de manifestation cet été, mais...

Ce mardi matin, quelques heures avant le départ du cortège, Philippe Martinez veut apparaître inflexible dans les colonnes de l'Humanité, quotidien marqué très à gauche: "Le gouvernement est ultraminoritaire sur son projet de loi" Travail, prévient-il, avant d'ajouter que "la colère reste là. Le gouvernement n'en a pas fini avec la loi Travail".

Une manière de mettre en garde François Hollande et Manuel Valls: oui, la contestation risque bien de s'arrêter cet été, mais elle repartira de plus belle à la rentrée s'il le faut.

"Nous allons entretenir sous d'autres formes le climat que nous connaissons depuis quatre mois et nous réfléchissons très concrètement à des temps forts à la rentrée", a ajouté le patron de la CGT, sans donner plus de précisions.

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Opérations "péages gratuits" programmées

Chez Force ouvrière, la ligne est la même. "Il n'y aura pas de manifestation cet été", expliquait dès vendredi, dans les colonnes de La Croix, Jean-Claude Mailly, le patron du syndicat Force ouvrière. Raison invoquée: "Les gens partent en vacances".

Mais pas de manifestation ne veut pas dire absence de mobilisation. Bien au contraire. "Il y aura des choses cet été, des choses surprises", assure le patron de FO qui évoque notamment des opérations "péages gratuits". Une nouvelle qui devrait être très bien accueillie par les vacanciers.

Du succès des opérations menées cet été dépendra la reprise de la contestation sociale, si besoin, en septembre. D'ores et déjà, une réunion de l'intersyndicale (CGT, FO, FSU, Solidaires, Unef, UNL et Fidl) est prévue mercredi pour "préparer la rentrée". "Même si cette loi est votée, elle sera comme du chewing-gum qui colle aux chaussures du gouvernement. Nous ne laisserons pas tomber dans les semaines, les mois à venir. C'est au gouvernement de prendre ses responsabilités", assure Jean-Claude Mailly.

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